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  • SYDEMER, incinérateur et calendrier électoral : Opération MARTEAU ROUGE

    Projet incinérateur SYDEMER :

    un verrou pour + de 20 ans

    que nous refusons à Saint-Etienne

    Stop uve saint etienne

    Dans dix ans, je serais toujours là. Nous y sommes.” — Marc-Claude de Portebane (Le Progrès 2015)

    Dix ans après, le discours incinérateur ressurgit à Saint-Étienne — et il nous faut frapper fort.*

    Saint-Étienne, 2026 — Engagement historique vs retour du dogme incinérateur

    La métropole de Saint-Étienne a voté, le 8 janvier 2026, le transfert de compétence déchets au SYDEMER — une étape institutionnelle qui apparaît, à juste titre, comme le prélude à un projet d’usine de traitement par valorisation énergétique (UTVE). Cette délibération a été adoptée malgré 12 voix contre et 3 abstentions, marquant une opposition nette dans l’hémicycle et invalidant l’idée d’un consensus.

    L’argument principal présenté pour aller vite ? Une pression fiscale (TGAP) prétendument croissante qui serait incontrôlable si on ne décide pas “vite”. Or ce chantage financier technique est précisément ce qui lie durablement une collectivité à une usine d’incinération — un piège que nous dénonçons depuis longtemps.

    1) Le mirage technologique : Bourgoin-Jallieu n’est pas un modèle à suivre

    Les porte-parole du SYDEMER évoquent l’exemple de l’UTVE de Bourgoin-Jallieu comme une vitrine “moderne et performante”.

    Examinons calmement — et avec précision — le projet de Bourgoin :

    Santé, environnement et coûts : le vrai bilan

    1. Données sanitaires et émissions
      – Les récentes mesures montrent des émissions persistantes de particules fines, dioxines et autres polluants bien au-delà des promesses initiales.
      – Cela pose des questions réelles de santé publique pour les riverains.
    2. Coûts véritables et surcoûts latents
      – Alors que certains discours parlent de “modernité”, les coûts de maintenance, de traitement des résidus (mâchefers, cendres) et d’assurance environnementale ne sont jamais pris en compte dans le bilan favorable qu’en font leurs promoteurs.
    3. Absence de transparence et de débat démocratique réel
      – À Bourgoin, comme souvent, la population n’a pas eu accès à une expertise indépendante, ni à un débat véritable sur les alternatives.

    Résultat : loin d’être un modèle, l’UTVE de Bourgoin est un repoussoir dont les critiques (locals, scientifiques, associatifs) sont régulièrement ignorées ou minimisées.

    2) Le mensonge du “moins de déchets enfouis = victoire écologique”

    Le SRADDET et le PRPGD vantent une réduction des tonnages en enfouissement. C’est un leurre si ces mêmes déchets sont redirigés vers l’incinération ou vers un site distant, car :

    • la combustion produit des résidus toxiques solides qui finissent en décharge ;
    • elle crée une dépendance structurelle à des flux de déchets constants ;
    • elle annule peu à peu toute incitation sérieuse à réduire, réutiliser ou recycler.

    C’est ce même schéma que Bourgoin, que certains ici voudraient nous imposer.

    3) Calendrier électoral : faire décider les autres pour soi

    Certains élus ont demandé de reporter la décision après les élections municipales ; cela a été refusé.
    Pourquoi ? Parce que décider avant les élections permet d’installer un verrouillage de près de 30 ans qui risque de durer tous les prochains mandats, indépendamment de la volonté des citoyens.

    C’est une manœuvre démocratique dangereuse: on fait passer une décision majeure pendant une période de faible visibilité citoyenne.

    4) Coûts flous, promesses floues

    Le débat public a mis au jour des chiffres contradictoires :

    • 200–250 M€ évoqués par la majorité,
    • 600–900 M€ selon des élus locaux qui ont étudié le dossier plus en profondeur.

    Ce type de flou financier n’est pas secondaire : il condamne les collectivités à des décennies de dépenses sans contrôle démocratique.

    5) Mémoire militante : on avait vu juste il y a dix ans

    En 2015, face au projet d’incinérateur à Andrézieux-Bouthéon, nous étions nombreux à dire :

    “Ils nous auront sur le dos pendant dix, vingt ans.”

    Nous y sommes. Le projet revient, plus structuré médiatiquement, mais sans répondre aux critiques de fond.

    À l’époque, AURA Environnement et le collectif CHUPA avaient déclenché une mobilisation exemplaire qui avait permis de faire reculer un projet dangereux et mal ficelé.

    Aujourd’hui, c’est la même logique : il ne s’agit pas d’être contre tout, mais d’être contre ce qui est mauvais, coûteux et contre-productif pour les populations et pour la planète.

    6) Opération MARTEAU ROUGE : une riposte populaire et structurée

    Nous lançons aujourd’hui l’Opération MARTEAU ROUGE, fondée sur :
    la mobilisation citoyenne coordonnée,
    l’expertise indépendante,
    la pression juridique et démocratique,
    la confrontation argumentée des modèles comme Bourgoin.

    Ce n’est pas une opposition de principe, c’est une offensive stratégique pour imposer une vraie hiérarchie des déchets : prévention > réduction > réemploi > recyclage, et seulement solutions de traitement qui ne verrouillent pas des décennies de dépendance à la combustion.

    Conclusion : la mémoire est une arme politique

    Ceux qui pensaient que le temps effacerait les résistances se trompent.
    Ceux qui voulaient enterrer notre vigilance découvrent aujourd’hui qu’ils ouvrent une page bien plus revendicative.

    AURA Environnement est là.
    Le FRAI est prêt.
    Les populations éveillées rejoindront l’Opération MARTEAU ROUGE.

    Parce que l’écologie ne se donne pas,
    elle se prend.