Dossier DRIMM à Montech - Opération TAÏGA ROUGE

  • DRIMM MONTECH (Tarn-et-Garonne) : la Fédération Anti-Décharges (FAD) dénonce la transformation progressive du site DRIMM par SECHE Environnement !

    20 ans d’arrêtés préfectoraux, de modifications discrètes

    et d’empilement réglementaire sans remise à plat globale

    ni véritable information des populations !

    Drimm 5 fad

    La FAD (Fédération Anti-Décharges) déclenche l’opération « TAÏGA ROUGE », en soutien des populations locales sous pression permanente.

    Depuis plusieurs semaines, la Fédération Anti-Décharges (FAD) a entrepris l’analyse chronologique des nombreux arrêtés préfectoraux (AP) et arrêtés préfectoraux complémentaires (APC) encadrant le site DRIMM de Montech (Tarn-et-Garonne). Derrière l’empilement administratif et les centaines de pages techniques se dessine une réalité inquiétante : le site autorisé au départ comme une installation de stockage de déchets non dangereux (ISDND) a progressivement évolué vers un système industriel de gestion hydraulique et de traitement des lixiviats d’une grande complexité, sans véritable remise à zéro environnementale globale.

    L’arrêté fondateur du 6 juillet 2005 autorise initialement un « pôle bio-énergies de Fromissard » comprenant centre de tri, déchèterie, unité mécano-biologique, installations de stockage, traitement des lixiviats, valorisation du biogaz et multiples équipements annexes. Très rapidement, les capacités annoncées apparaissent considérables : jusqu’à 400 000 tonnes par an pour certaines installations de stockage, multiplication des bassins, dispositifs de transfert d’eaux et organisation industrielle du traitement des déchets. Dès cette époque, le site dépasse largement l’image d’une simple « décharge locale ».

    Au fil des années, les APC successifs vont modifier les modalités d’exploitation, les systèmes de traitement des effluents, les prescriptions techniques et les conditions de rejet dans le milieu naturel. L’arrêté complémentaire de 2017 marque un tournant particulièrement important. Les prescriptions particulières annexées détaillent un réseau extrêmement complexe de bassins, de piézomètres, de drains écrêteurs, de systèmes de contrôle et de traitement des lixiviats. Le site dispose alors d’un véritable système hydraulique industriel avec bassins BT1, BT2, bassins D et E, contrôle séquentiel des eaux, réseau de surveillance des nappes et rejet vers le ruisseau Le Larone. La FAD considère qu’à ce stade, la nature même du projet initial a profondément changé.

    Les prescriptions de 2017 révèlent également un élément majeur : les eaux de ruissellement et les eaux traitées sont systématiquement contrôlées avant rejet vers le milieu naturel, avec autorisation de nombreux paramètres chimiques et organiques. Cela signifie concrètement que l’administration ne raisonne plus en termes d’absence de pollution mais en termes de pollution autorisée sous seuils réglementaires. Cette logique sera encore renforcée par l’arrêté du 14 mai 2024 relatif aux rejets aqueux.

    La FAD souligne également que la surveillance des eaux souterraines autour du site traduit l’existence d’un risque environnemental structurel reconnu par l’administration elle-même. Dix piézomètres et plusieurs dispositifs de contrôle sont répartis autour du site afin de suivre l’évolution de la qualité de la nappe et des eaux souterraines. Les arrêtés prévoient même explicitement des procédures de surveillance renforcée « en cas d’évolution défavorable et significative ». Cette rédaction démontre que la dégradation du milieu est envisagée comme une hypothèse techniquement possible.

    L’année 2023 constitue également un moment important avec une mise en demeure administrative adressée à l’exploitant. Pour la FAD, ce document est capital : il confirme que le site a connu des non-conformités nécessitant une intervention de l’État. Cette réalité contredit frontalement le discours habituel de maîtrise parfaite des installations industrielles de déchets.

    Enfin, l’APC du 12 août 2025 relatif aux lixiviats illustre parfaitement la dérive progressive du site. Cet arrêté prévoit notamment l’extension des capacités de traitement, l’ajout de nouveaux bassins et la poursuite de l’évolution hydraulique du site. Pourtant, ces transformations sont présentées administrativement comme de simples modifications techniques ne nécessitant ni nouvelle enquête publique générale ni réexamen global du projet. Pour la FAD, il s’agit là d’un problème démocratique majeur.

    La Fédération Anti-Décharges considère aujourd’hui que le cas DRIMM illustre parfaitement une méthode désormais fréquente dans le secteur des déchets : transformer progressivement les installations par additions successives d’APC techniques, sans jamais réinterroger globalement les impacts cumulés sur l’eau, les sols, les nappes, les milieux naturels et les populations riveraines.

    La FAD demande désormais :

    • une remise à plat complète du dossier DRIMM ;
    • une transparence totale sur les flux réels de lixiviats et les rejets ;
    • la publication simplifiée de l’ensemble des arrêtés et contrôles DREAL ;
    • un débat public réel sur l’évolution du site depuis 2005 ;
    • une expertise indépendante sur les impacts hydrauliques et environnementaux cumulés.

    Car derrière les acronymes, les tableaux techniques et les centaines de pages administratives, une question simple demeure :

    Le site actuellement exploité correspond-il encore réellement au projet autorisé à l’origine ?

    Au fond, l’affaire DRIMM révèle moins une succession d’écarts techniques qu’un mode opératoire devenu banal : transformer un site par petites touches, contourner le débat en fractionnant les décisions, et laisser croire que l’on maîtrise ce que l’on ne réévalue jamais. Vingt ans d’arrêtés préfectoraux ont permis de remodeler en profondeur une installation qui n’a plus rien à voir avec son autorisation d’origine, tout en maintenant l’illusion d’une continuité administrative. Cette mécanique, qui substitue l’empilement réglementaire à la transparence, finit par produire un système où l’on gère les risques sans jamais interroger leur origine, où l’on surveille les nappes sans jamais prévenir leur atteinte, où l’on autorise des rejets tout en affirmant protéger le milieu.

    À Montech, la question n’est donc plus seulement de savoir si DRIMM respecte ses prescriptions, mais si ces prescriptions ont encore un sens face à la réalité du terrain. Tant que l’État acceptera que des installations évoluent ainsi, par glissements successifs, sans remise à plat ni contrôle démocratique, les riverains resteront les spectateurs d’un modèle qui avance sans eux. La FAD refuse cette résignation. Elle exige que l’on cesse de maquiller des transformations profondes en ajustements techniques, et que l’on redonne enfin aux citoyens la place qui leur revient dans la gestion des déchets et la protection de leur environnement.

    MOBILISONS-NOUS MASSIVEMENT contre cette VERRUE !

    Marc-Claude de PORTEBANE

    Porte-parole du Collectif FAD (Fédération Anti-Décharges)

    Président d’AURA Environnement