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  • OPÉRATION PRAVDA : quand le Résumé non technique de SUEZ tente de réécrire la réalité environnementale à Istres

    Le FRAI et AURA Environnement dévoilent les zones d’ombre 

    du projet d’incinérateur CSR de SUEZ à Istres, au cœur de la Crau

    et lancent l’Opération PRAVDA pour rétablir la vérité écologique

    face aux omissions du dossier officiel !

    Operation pravda istres

    Le FRAI (Front Résistant Anti‑Incinération), soutenu par AURA Environnement, déclenche l’opération PRAVDA (Правда) – “Vérité”. Face au projet d’Unité de Valorisation Énergétique (UVE) de SUEZ à Istres, et à la publication du Résumé non technique (RNT) de l’étude d’impact daté du 28 février 2025, il est devenu indispensable de rétablir les faits, de dévoiler les omissions, et de mettre en lumière ce que ce document ne dit pas. Car derrière la façade lisse d’un résumé censé informer le public, se cache un texte qui minimise, simplifie, contourne et édulcore les enjeux réels d’un projet industriel lourd, implanté au cœur d’un territoire d’une valeur écologique exceptionnelle.

    Un projet industriel massif présenté comme une simple évolution

    Le RNT décrit le projet comme une modernisation logique du site existant, alors qu’il s’agit en réalité d’une transformation profonde. Le site de La Grande Groupède deviendrait un complexe industriel complet, fonctionnant en continu, intégrant une unité de méthanisation, une unité de valorisation énergétique brûlant du CSR, un centre de tri modernisé, une nouvelle unité de tri des déchets d’activités économiques, des zones de stockage supplémentaires et des installations annexes. Le document insiste sur la logique d’économie circulaire, mais passe sous silence l’augmentation considérable des flux, des risques, des émissions et des nuisances. Il ne rappelle jamais que l’UVE relève des rubriques ICPE les plus sensibles, notamment celles liées au traitement thermique et à la co‑incinération de déchets. Le lecteur non averti pourrait croire à une simple optimisation d’un site existant. La réalité est tout autre : il s’agit d’un changement d’échelle majeur.

    Une implantation au cœur d’un patrimoine naturel d’importance internationale

    Le RNT reconnaît que la zone d’implantation se situe dans un ensemble écologique d’une rareté exceptionnelle : ZPS Natura 2000, ZSC, ZNIEFF de type I, habitats steppiques de la Crau, espèces protégées à enjeux forts. Cette reconnaissance est factuelle, mais elle est immédiatement suivie d’une minimisation systématique. Le document affirme que la sensibilité serait faible, que les impacts seraient limités, et que le site n’aurait pas de rôle fonctionnel particulier. Cette présentation est en contradiction totale avec les connaissances scientifiques sur la Crau, l’un des derniers écosystèmes steppiques d’Europe occidentale, refuge d’espèces emblématiques et fragiles. Aucune justification d’intérêt public majeur n’est fournie, alors que la loi l’exige pour tout projet susceptible d’affecter un site Natura 2000. Aucune étude d’alternative n’est présentée. Aucune démonstration de compatibilité écologique n’est apportée. Le RNT reconnaît la valeur du territoire, mais refuse d’en tirer les conséquences.

    Une absence totale d’analyse sanitaire pour une installation de combustion

    L’un des aspects les plus préoccupants du RNT est l’absence complète d’analyse sanitaire. Le document ne mentionne ni les dioxines, ni les furanes, ni les métaux lourds, ni les particules ultrafines, ni les gaz acides, ni les NOx, ni les risques d’exposition chronique. Il se contente d’affirmer que les rejets atmosphériques seraient faibles, sans fournir la moindre donnée, la moindre modélisation, la moindre référence aux valeurs limites d’émission. Pour une installation relevant de la directive IED et de la rubrique 3520, cette omission est incompréhensible. Elle prive le public d’informations essentielles sur les risques pour la santé humaine. Un résumé non technique qui ne parle pas de santé publique pour une UVE n’est pas un résumé : c’est une dissimulation.

    Des risques industriels évacués comme s’ils n’existaient pas

    Le site accueillera un méthaniseur, une UVE, des silos de CSR, des cuves de carburant, des zones de stockage de déchets combustibles, des installations électriques et des équipements sous pression. Ces éléments sont connus pour présenter des risques d’incendie, d’explosion, de fuite de gaz, de défaillance du traitement des fumées, de propagation rapide du feu dans les stockages de CSR. Pourtant, le RNT affirme qu’il n’existe pas de risques significatifs. Aucun scénario d’accident majeur n’est présenté. Aucun retour d’expérience n’est évoqué. Aucune référence aux obligations réglementaires spécifiques n’est fournie. Cette absence est d’autant plus problématique que les incendies dans les installations CSR sont fréquents en France. Le public est privé d’une information essentielle.

    Une pollution aux PFAS reconnue mais totalement ignorée

    Le RNT admet la présence de PFAS en surface sur certaines zones du site. Ces substances, qualifiées de polluants éternels, sont extrêmement persistantes et dangereuses pour la santé. Mais le document ne propose aucune analyse, aucune mesure, aucune évaluation des risques, aucune stratégie de dépollution. Il reconnaît la pollution, puis l’efface du discours. Cette omission est grave, car les PFAS peuvent contaminer les eaux pluviales, les sols voisins, les nappes phréatiques et les chaînes alimentaires.

    Une consommation d’eau sous‑estimée dans un territoire sous tension hydrique

    Le RNT annonce une augmentation du prélèvement en eau, mais ne détaille pas les besoins réels de l’UVE, du méthaniseur, du compostage, du lavage des fumées ou des périodes de sécheresse. Le site est implanté sur la nappe de la Crau, ressource stratégique et fragile. Aucune analyse hydrologique sérieuse n’est fournie. Le document minimise un enjeu pourtant central dans un contexte de changement climatique.

    Une analyse du trafic inexistante malgré un contexte saturé

    Le RNT évoque une légère augmentation du trafic, sans fournir le moindre chiffre. Aucune estimation des flux entrants et sortants, aucune modélisation, aucune prise en compte des nuisances sonores, des émissions, des risques routiers. Le site est pourtant situé à proximité d’axes déjà saturés, dont la RN569. Là encore, le public n’a pas les éléments nécessaires pour comprendre les impacts réels.

    Une négation systématique des impacts cumulés

    Le RNT conclut à l’absence d’effets cumulés, alors que le site est entouré d’installations industrielles lourdes, d’une base militaire, d’une carrière, d’une centrale d’enrobage, d’une centrale à béton, d’une installation de stockage de déchets inertes et de projets d’aménagement. Aucune analyse cumulative n’est fournie, contrairement aux exigences réglementaires. Cette omission est méthodologique et juridique.

    Un résumé non technique qui ne remplit pas sa fonction légale

    Le RNT doit permettre au public de comprendre les impacts du projet. Or il minimise, omet, simplifie, contourne et conclut que les impacts seraient très faibles voire nuls. Cette conclusion est contredite par le contenu même du document, qui reconnaît des enjeux forts, des pollutions existantes, des risques potentiels et des zones écologiquement sensibles. Le RNT ne permet pas au public de se prononcer en connaissance de cause. Il ne respecte pas l’esprit ni la lettre du Code de l’environnement.

    Conclusion : Opération PRAVDA, pour que la vérité soit dite

    AURA Environnement et le FRAI lancent l’opération PRAVDA pour rétablir la vérité face à un document qui ne dit pas ce qu’il devrait dire. Le RNT de SUEZ n’est pas un outil d’information du public, mais un instrument de communication. Il minimise les impacts, ignore les risques, contourne les obligations, et présente un projet industriel lourd comme une simple évolution technique. Le public, les riverains, les associations et les autorités doivent exiger un dossier complet, transparent et conforme à la réglementation. La vérité doit être dite, et elle ne se trouve pas dans ce Résumé non technique.