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  • AMETYST à MONTPELLIER : APRES la METHANISATION, PLACE à l'INCINERATION! des POUBELLES !

    Cet incinérateur déguisé qui brûlera jusqu’à 42 525 tonnes de déchets par an, une usine de méthanisation maintenue et des risques de nuisances supplémentaires : AURA Environnement s’interroge sur les conséquences sanitaires et environnementales de cette double activité industrielle en pleine ville !

    Stop incinerateur ametyste montpellier

    Consultation du public du 12/10/2026 au 12/01/2027 à 17h inclus, laissez massivement votre contribution défavorable contre ce projet : https://www.democratie-active.fr/consultation-ametyst/depot-observation-numerique-s1002.html

    QUAND LE TMB MÈNE AU FOUR

    Une usine qui devait privilégier le traitement biologique des déchets

    Lorsque l’agglomération de Montpellier a décidé, au début des années 2000, de construire une installation de traitement des ordures ménagères, elle s’est orientée vers une technologie reposant sur le tri mécano-biologique et la méthanisation. Le principe consistait à séparer différentes fractions des déchets, puis à traiter biologiquement les matières organiques afin de produire du biogaz.

    Cette orientation répondait à la volonté de développer une autre forme de traitement des déchets ménagers que leur incinération directe. Elle avait conduit à la création de l’usine AMETYST, implantée dans la ZAC Garosud, au 230 rue Raymond Recouly, à Montpellier, et ce, à 3 600 m de la place de la Comédie.

    L’étude d’impact du nouveau projet rappelle elle-même cette décision historique. A la page 416, le bureau d’études AECOM précise que le conseil d’agglomération avait retenu le principe d’une installation de tri, de préparation et de méthanisation des déchets ménagers. Les communes avaient été consultées pour accueillir cette installation et seule Montpellier s’était portée candidate.

    Plus de vingt ans après, la situation a considérablement évolué. L’usine de méthanisation sera maintenue, mais une nouvelle installation destinée à brûler des combustibles préparés à partir des déchets viendra s’y ajouter.

    Montpellier conservera donc sa méthanisation tout en accueillant une nouvelle activité de combustion des déchets sur le même site. Ce changement de stratégie mérite d’être expliqué aux habitants, d’autant qu’il s’accompagne d’une transformation importante des procédés industriels et des installations existantes.

    Plus de 42 000 tonnes de déchets brûlés chaque année !

    Le projet de transformation d’AMETYST est porté par la société URBA MÉDITERRANÉE, appartenant au groupe URBASER. Il prévoit notamment la construction d’une chaufferie alimentée par des combustibles solides de récupération, plus communément appelés CSR.

    Le 13/10/2026, le conseil de Montpellier Méditerranée Métropole a rendu un avis favorable à ce projet d'incinération de ces polluants CSR. Une délibération adoptée malgré 12 voix contre et 10 abstentions, alors que la consultation publique a démarré le 12/10/2026 !!! 

    Ces combustibles dangereux sont préparés à partir de déchets qui ne peuvent pas être directement recyclés dans les conditions prévues par la filière. Ils peuvent notamment contenir des plastiques, des textiles, des papiers et d’autres matières combustibles. Après différentes opérations de tri et de préparation, ils sont destinés à être brûlés pour produire de l’énergie.

    Selon le dossier de demande d’autorisation environnementale (DDAE) que nous avons épluché, la nouvelle chaufferie pourra consommer jusqu’à 42 525 tonnes de CSR par an. Son fonctionnement est prévu sur une durée de référence de 8 100 heures annuelles, ce qui correspond à plus de 337 jours.

    Une cheminée de 28,5 mètres de hauteur permettra l’évacuation des fumées après leur passage dans les équipements de traitement.

    Il faut être précis sur la nature de cette installation. Une chaufferie CSR ne reçoit pas directement des ordures ménagères brutes comme un incinérateur traditionnel. Les déchets sont préalablement triés et transformés en combustible. En revanche, le procédé repose bien sur leur combustion et produit des fumées ainsi que des résidus qui devront être traités ou éliminés.

    Le dossier prévoit des équipements destinés à limiter les émissions atmosphériques, notamment les poussières, les oxydes d’azote, les gaz acides, les métaux et les dioxines. Ces dispositifs sont indispensables, mais leur présence ne signifie pas que les émissions seront inexistantes.

    La question est donc de savoir quelles seront les quantités de polluants réellement rejetées, dans quelles conditions elles seront contrôlées et quelles conséquences cette nouvelle activité pourrait avoir sur l’environnement immédiat du site.

    Les odeurs de la méthanisation ne disparaîtront pas avec la nouvelle chaufferie à 80 m des populations locales !

    L’usine AMETYST est déjà une installation industrielle importante. Son fonctionnement repose sur la réception et la préparation des ordures ménagères, le traitement biologique des matières organiques et la gestion des digestats issus de la méthanisation.

    Ces activités nécessitent une surveillance permanente des émissions odorantes. Les opérations de réception des déchets, de manipulation des matières organiques et de traitement des résidus peuvent être à l’origine de nuisances pour les entreprises et les habitants voisins.

    Les documents environnementaux examinés par AURA Environnement font état de contrôles des dispositifs de traitement de l’air et de dépassements relevés sur certains équipements lors de campagnes antérieures. Le projet prévoit des améliorations destinées à mieux capter et traiter les odeurs.

    Il serait donc inexact de considérer que la situation future sera nécessairement identique à la situation actuelle. Les modifications annoncées peuvent améliorer certains aspects du fonctionnement de l’établissement.

    Cependant, l’ajout d’une chaufferie de combustion introduira une nouvelle source de rejets atmosphériques dans Montpellier intra-muros. Les nuisances olfactives liées au traitement biologique et les émissions issues de la combustion ne sont pas de même nature, mais elles devront être appréciées dans leur ensemble.

    Cette question prend une importance particulière compte tenu de l’implantation de l’usine dans un secteur urbanisé, à proximité d’activités économiques et d’habitations. Le dossier identifie notamment des logements situés à environ 80 mètres des limites de propriété.

    AURA Environnement considère que les riverains doivent pouvoir disposer d’une information claire sur les émissions attendues, les dispositifs de surveillance et les mesures prévues en cas de dysfonctionnement.

    Quand la chaufferie s’arrêtera, comment seront traitées les odeurs ?

    Un élément du fonctionnement futur d’AMETYST retient particulièrement notre attention.

    Le projet prévoit qu’une partie de l’air extrait des bâtiments de préparation et de stockage des CSR sera utilisée comme air de combustion dans la nouvelle chaufferie. Cette organisation doit contribuer au traitement de certains composés odorants.

    Mais une installation industrielle ne fonctionne pas continuellement sans interruption. Des arrêts sont nécessaires pour l’entretien, la maintenance ou les réparations. Des incidents techniques peuvent également entraîner des indisponibilités imprévues.

    Dans ces situations, les déchets continueront à être présents dans les bâtiments et les installations de traitement biologique pourront poursuivre leur activité.

    Le dossier indique que l’air extrait sera alors dirigé vers un biofiltre existant. Cette solution devra être examinée avec attention, car elle suppose que les équipements de traitement de l’air disposent des capacités suffisantes pour prendre le relais.

    Il conviendra notamment de vérifier les débits réellement traités, les performances des installations en période d’arrêt de la chaufferie et les procédures prévues lorsque plusieurs équipements sont simultanément indisponibles.

    L’amélioration annoncée des performances en fonctionnement normal ne saurait dispenser l’exploitant de démontrer que les nuisances resteront maîtrisées dans les autres situations d’exploitation.

    Le tri mécano-biologique face aux nouvelles obligations réglementaires

    Au-delà des questions de pollution, la transformation d’AMETYST intervient dans un contexte réglementaire profondément modifié.

    Le tri mécano-biologique, ou TMB, consiste à traiter mécaniquement des ordures ménagères résiduelles afin d’en séparer différentes fractions, dont les matières organiques qui peuvent ensuite subir un traitement biologique.

    Pendant de nombreuses années, ce procédé a permis de produire des matières destinées à différentes formes de valorisation. Mais la législation française a progressivement renforcé la priorité donnée au tri des biodéchets directement par les ménages et les autres producteurs.

    La loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, dite loi AGEC, a notamment modifié les conditions applicables aux installations de TMB.

    L’article L.541-1 du Code de l’environnement encadre les autorisations de nouvelles installations, les augmentations de capacité et certaines modifications des installations existantes. L’article R.543-227-2 précise les conditions réglementaires correspondantes, notamment en matière de généralisation du tri à la source des biodéchets.

    Il convient toutefois d’éviter une confusion : la réglementation ne prévoit pas la fermeture générale de toutes les installations de TMB au 1er janvier 2027.

    Elle interdit notamment, à compter de cette date, la production de compost à partir de la fraction fermentescible issue des ordures ménagères résiduelles. Cette évolution impose aux exploitants concernés de modifier leurs procédés et leurs débouchés.

    C’est précisément dans ce contexte que s’inscrit la transformation d’AMETYST.

    La question juridique consiste à déterminer si les modifications projetées relèvent des dispositions de l’article R.543-227-2 et, dans l’affirmative, quelles conditions doivent être respectées. Le texte prévoit certaines exceptions, notamment pour des modifications répondant à des objectifs de sécurité, de réduction des nuisances, d’amélioration environnementale ou de mise en conformité.

    AURA Environnement souhaite que l’administration précise la qualification juridique retenue pour les modifications du TMB et les éléments sur lesquels repose cette appréciation.

    Le tri des biodéchets par les habitants doit être vérifié !

    Depuis le 1er janvier 2024, la généralisation du tri à la source des biodéchets constitue une obligation qui concerne l’organisation de leur collecte et de leur valorisation.

    Les collectivités doivent proposer aux habitants des solutions adaptées, qu’il s’agisse notamment de collecte séparée ou de compostage de proximité.

    Dans le cas des installations de TMB soumises aux dispositions de l’article R.543-227-2, la réglementation prévoit des critères permettant de démontrer que cette généralisation est effective.

    Il ne suffit donc pas de constater qu’une collectivité distribue des composteurs ou a installé des points de collecte. Encore faut-il apprécier les dispositifs mis en place et leurs résultats au regard des critères réglementaires applicables.

    Pour AMETYST, il conviendra de vérifier les justificatifs produits par Montpellier Méditerranée Métropole et, le cas échéant, par les autres collectivités dont les déchets sont réceptionnés sur le site.

    À ce stade, AURA Environnement ne prétend pas que ces documents seraient absents du dossier. Leur identification précise demeure néanmoins nécessaire pour apprécier la conformité de la transformation envisagée.

    Cette vérification est d’autant plus importante que le projet continuera de traiter des ordures ménagères résiduelles contenant potentiellement une fraction de biodéchets.

    Des digestats séchés pour alimenter la nouvelle filière de combustion

    L’une des évolutions les plus significatives du projet concerne le devenir des matières issues du traitement biologique.

    La transformation prévoit de nouvelles opérations de déshydratation et de séchage des digestats. Une partie des matières ainsi préparées pourra être orientée vers la production de CSR.

    Cette modification traduit un changement profond dans la manière de valoriser les fractions organiques issues des ordures ménagères.

    Le projet prévoit un véritable changement d'échelle énergétique. Pour sécher les déchets avant leur transformation en combustible, l'usine aurait besoin de près de quinze fois plus de chaleur qu'aujourd'hui. Les besoins thermiques passeraient ainsi de 3,3 GWh à 49 GWh par an, soit une augmentation de près de 1 400 % !!!

    Une question se pose alors : combien d'énergie sera réellement produite pour les habitants une fois déduite celle nécessaire au fonctionnement de l'installation elle-même ?

    Concrètement, une part considérable de la chaleur produite ne servira pas à chauffer les logements ou les équipements publics, mais à sécher les déchets avant leur combustion. Cette opération représenterait à elle seule environ 24 GWh par an.

    Autrement dit, une partie importante de l’énergie produite par la future chaufferie sera utilisée pour faire fonctionner les nouveaux procédés industriels.

    Cette organisation peut présenter un intérêt technique, notamment lorsqu’elle permet de réduire les quantités de déchets destinées à l’enfouissement. Mais elle impose de vérifier le bilan énergétique global de l’installation.

    Il faut notamment tenir compte de l’énergie nécessaire au séchage, des quantités d’eau évaporées, des matières finalement brûlées et de l’énergie réellement disponible pour les utilisateurs extérieurs.

    La production d’énergie ne doit pas être examinée indépendamment des consommations nécessaires pour préparer les combustibles.

    Pourquoi ne pas valoriser les CSR dans des installations existantes ?

    Le pétitionnaire justifie notamment son projet par la volonté de réduire les quantités de déchets envoyées en installation de stockage.

    Cet objectif mérite d’être pris en considération. L’enfouissement des déchets présente lui aussi des incidences environnementales, notamment en matière d’occupation des sols, de gestion des lixiviats et d’émissions de gaz à effet de serre.

    Mais la réduction de l’enfouissement ne suffit pas, à elle seule, à justifier tous les choix industriels.

    La question de la localisation de la combustion demeure essentielle.

    L’étude d’impact examine plusieurs solutions alternatives, notamment le maintien des activités actuelles après les travaux d’adaptation, avec une orientation accrue des refus vers des installations extérieures.

    Le pétitionnaire estime que cette option serait moins satisfaisante au regard des objectifs poursuivis. Pour autant, la valorisation externe des CSR mérite d’être comparée à leur combustion sur place, en tenant compte de l’ensemble des incidences environnementales.

    Une solution extérieure pourrait entraîner davantage de transports routiers. En contrepartie, elle éviterait l’installation d’une nouvelle source de combustion à proximité immédiate des riverains d’AMETYST.

    À l’inverse, la combustion locale pourrait limiter certains déplacements, mais elle introduirait de nouveaux rejets atmosphériques sur le site.

    Ces avantages et inconvénients doivent être comparés selon des critères homogènes.

    AURA Environnement souhaite notamment connaître les hypothèses retenues concernant les distances de transport, les émissions atmosphériques, les consommations énergétiques et l’exposition des populations.

    Une consommation d’eau qui pourrait dépasser 68 000 m³ par an

    La consommation d’eau constitue un autre point important du dossier.

    Le projet prévoit des besoins annuels d’environ 68 500 m³, alors que les prescriptions préfectorales actuellement applicables fixent un plafond annuel de 48 000 m³.

    L’augmentation représente 20 500 m³ par an, soit environ 42,7 % par rapport à ce plafond.

    Une telle évolution mérite des explications dans un territoire méditerranéen régulièrement confronté à des épisodes de sécheresse.

    Il ne s’agit pas d’affirmer que la future installation sera nécessairement en infraction. L’autorisation environnementale sollicitée peut conduire l’administration à réexaminer les volumes autorisés et les prescriptions applicables.

    Cependant, les besoins supplémentaires doivent être justifiés, tout comme les mesures prévues pour limiter les prélèvements en période de tension sur la ressource.

    La question se pose également pour les différents usages de l’eau dans l’installation, notamment les procédés industriels, les équipements de combustion et les dispositifs de sécurité. La maîtrise de la consommation d’eau devra faire partie des engagements vérifiables de l’exploitant.

    UNE BOMBE à RETARDEMENT : L'EFFET DOMINO EST à CRAINDRE !

    Les risques d’incendie et d’explosion doivent être appréciés à l’échelle de l’ensemble du site, car la transformation d’AMETYST ne concerne pas uniquement les émissions atmosphériques.

    L’établissement continuera de produire et de traiter du biogaz, un mélange gazeux contenant du méthane, tout en accueillant de nouveaux équipements de préparation et de stockage de combustibles.

    La coexistence de ces activités impose une vigilance particulière en matière de sécurité industrielle.

    L’étude de dangers examine différents scénarios, notamment les incendies de stocks de CSR, les explosions liées au biogaz et les conséquences possibles d’accidents affectant certains équipements.

    Des moyens de prévention et de protection sont prévus, dont des installations de défense incendie et des capacités de rétention des eaux d’extinction. Ces dispositifs devront être appréciés au regard des scénarios les plus pénalisants.

    Les eaux utilisées pour éteindre un incendie industriel peuvent contenir des substances polluantes. Leur confinement constitue donc une question importante pour la protection des sols et des eaux.

    AURA Environnement considère que l’analyse des risques doit porter sur l’ensemble des installations, y compris les interactions possibles entre les différentes activités et les conséquences d’un accident sur les établissements voisins.

    LES HABITANTS SERVENT-ILS de COBAYES : LES RIVERAINS DEVRONT-ILS ESSUYER les PLÂTRES ?

    Que sait-on réellement des conséquences sanitaires ?

    L’évaluation sanitaire jointe au dossier conclut à des niveaux de risque inférieurs aux repères retenus dans l’étude.

    Le quotient de danger cumulé maximal annoncé est de 0,22, pour une valeur de référence de 1. L’excès de risque individuel cancérogène maximal est évalué à 2,3 × 10⁻⁶, inférieur au repère de 10⁻⁵ utilisé dans cette évaluation.

    Ces résultats doivent être présentés correctement. Ils ne permettent pas d’affirmer que le projet entraînera nécessairement des effets sanitaires chez les riverains.

    En revanche, ils ne signifient pas davantage que toutes les incertitudes ont disparu.

    Les évaluations sanitaires reposent sur des hypothèses relatives aux émissions, aux concentrations atmosphériques, aux durées d’exposition et aux caractéristiques toxicologiques des substances étudiées.

    Certaines substances ne disposent pas de valeurs toxicologiques permettant une quantification complète des risques.

    La question des PFAS mérite également une attention particulière. Ces composés peuvent être présents dans certains déchets et leur comportement lors de la combustion dépend de nombreux paramètres, notamment de la nature des substances, des conditions de traitement thermique et des équipements d’épuration.

    Le dossier prévoit des contrôles, mais il importe de distinguer les obligations de surveillance des émissions de la démonstration d’une absence de risque.

    AURA Environnement estime nécessaire que les incertitudes résiduelles soient clairement exposées et que les prescriptions de surveillance soient adaptées aux caractéristiques des combustibles réellement utilisés.

    Une production d’énergie importante, mais des débouchés à confirmer

    La future chaufferie est présentée comme un outil de valorisation énergétique destiné à produire de l’électricité et de la chaleur.

    L’annexe énergétique annonce notamment 64 564 MWh de chaleur par an destinés au réseau de chaleur urbain de Montpellier, ainsi qu’une production électrique annuelle d’environ 30 011 MWh. Ce projet promet de chauffer MONTPELLIER et de produire de l'électricité. Mais derrière cette vitrine énergétique, une partie importante de l'énergie produite sera d'abord consommée par l'installation elle-même pour sécher et préparer les déchets destinés à la combustion !

    Parallèlement, la méthanisation doit permettre la production de biométhane destiné à être injecté dans le réseau de gaz.

    Ces perspectives constituent une part importante de la justification du projet.

    PRODUIRE pour GASPILLER ?

    Produire plus d'énergie n'a d'intérêt que si elle est réellement utilisée. Or le dossier reconnaît qu'une quantité importante de chaleur, estimée à 17 GWh par an, ne trouve pas encore pleinement sa place dans les usages prévus.

    Le pétitionnaire évoque notamment de nouveaux raccordements au réseau de chaleur, ainsi que la possibilité d’utiliser une partie de cette énergie pour produire du froid.

    Ces solutions peuvent présenter un intérêt, mais leur réalisation effective doit être distinguée des perspectives de développement.

    La performance énergétique du projet dépendra donc non seulement de la quantité d’énergie produite, mais également de son utilisation réelle et de la continuité des débouchés annoncés.

    Il serait utile de connaître les engagements existants pour l’achat de chaleur, les besoins saisonniers du réseau et les quantités d’énergie susceptibles de ne pas être valorisées.

    402 MILLIONS D'EUROS : QUAND LES POUBELLES DEVIENNENT UNE AFFAIRE À PLUSIEURS CENTAINES DE MILLIONS !

    Derrière les promesses de valorisation énergétique et de modernisation industrielle se cache une autre réalité : le poids financier considérable du projet AMETYST pour Montpellier Méditerranée Métropole.

    Selon les chiffres officiels de la collectivité, le projet représente environ 110 millions d'euros d'investissement.

    Mais ce montant ne raconte qu'une partie de l'histoire !

    Le contrat de délégation de service public attribué au groupe URBASER, pour une durée de quinze ans à compter du 1er janvier 2026, représente un coût global annoncé de 402 millions d'euros hors taxes pour la Métropole.

    Soit une moyenne de 26,8 millions d'euros HT par an sur la durée du contrat !

    Ce montant comprend le financement des investissements, l'exploitation et la maintenance des installations, après déduction des recettes commerciales attendues de la valorisation énergétique. Certes, le délégataire assure le financement initial des travaux. Mais cela ne signifie nullement que l'opération sera gratuite pour les finances publiques. Le dossier de concertation précise lui-même que les investissements et les coûts d'exploitation seront répercutés à la collectivité, notamment au travers du prix de traitement des déchets.

    ET POUR LES CONTRIBUABLES MONTPELLIÉRAINS ?

    Une question mérite désormais d'être posée publiquement : quelle sera l'incidence réelle de ce contrat sur les finances de la Métropole et, indirectement, sur les contribuables ?

    La collectivité affirme que la transformation d'AMETYST permettra de limiter les dépenses liées à l'enfouissement des déchets, notamment dans un contexte de hausse de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP). Elle mise également sur les recettes provenant de la vente de chaleur et de biométhane.

    Mais ces prévisions économiques reposent sur des hypothèses qu'il convient d'examiner : quantités de déchets traitées, disponibilité des installations, production énergétique effective, recettes commerciales et évolution des charges d'exploitation. Que se passera-t-il si les recettes énergétiques sont inférieures aux prévisions ? Qui supportera les conséquences financières d'éventuels surcoûts ou dysfonctionnements ?

    AURA Environnement demande que les habitants puissent disposer d'une comparaison financière transparente entre les différentes solutions de traitement des déchets, avec et sans nouvelle chaufferie CSR. Car avant d'engager une collectivité dans un contrat de plusieurs centaines de millions d'euros, une exigence s'impose : démontrer que le choix industriel retenu est aussi le plus pertinent sur les plans économique, sanitaire et environnemental.

    LE VRAI VISAGE D'AMETYST : QUAND LE TRI MENE AU FEU !

    Une transformation absurde qui doit être expliquée aux habitants, car au terme de l’examen des documents techniques, un constat s’impose : le projet AMETYST ne correspond pas à une simple modernisation de l’usine existante.

    Il prévoit une modification profonde des procédés de traitement, avec le maintien de la méthanisation, le développement du séchage des digestats, la préparation de combustibles solides de récupération et la création d’une installation de combustion.

    Cette transformation s’inscrit dans un contexte réglementaire nouveau et répond à des objectifs affichés de réduction de l’enfouissement et de production d’énergie.

    Elle comporte également des enjeux environnementaux et sanitaires qui ne peuvent être écartés au seul motif que des équipements de traitement des fumées et des odeurs sont prévus.

    L’augmentation des besoins en eau, la surveillance des émissions atmosphériques, la gestion des risques industriels et la conformité des activités de TMB constituent autant de points qui appellent des vérifications précises.

    La justification des solutions alternatives doit également permettre de comprendre pourquoi la combustion des CSR a été retenue sur le site même d’AMETYST.

    AURA Environnement ne conteste pas la nécessité de traiter les déchets produits par les habitants. Mais cette nécessité n’exonère ni la collectivité ni l’exploitant de leurs obligations en matière de protection de l’environnement et de la santé publique.

    La question centrale reste celle du changement de stratégie : pourquoi ajouter aujourd’hui une installation de combustion à une usine historiquement fondée sur le tri et la méthanisation des ordures ménagères ?

    Les habitants de Montpellier sont en droit de connaître les raisons de ce choix, les solutions qui ont été écartées et les garanties concrètes apportées pour limiter les nuisances et les risques.

    AURA Environnement poursuivra l’examen du dossier et des dispositions réglementaires applicables afin d’identifier les éventuelles insuffisances qui pourraient justifier des observations auprès des services de l’État.

    LA COLÈRE MONTE : les RIVERAINS REFUSENT de DEVENIR le LABORATOIRE d'une NOUVELLE EXPÉRIENCE INDUSTRIELLE !

    Une opposition massive dans le registre, mais surtout une colère qui s’explique.

    À la lecture des témoignages, une réalité revient avec insistance : les habitants ne veulent plus que leur quartier serve de terrain d’expérimentation à des choix industriels décidés sans eux. Plusieurs riverains rappellent les nuisances olfactives attribuées au fonctionnement historique d’AMETYST, parfois accompagnées, selon leurs déclarations, de mouches et d’une gêne durable. L’ajout d’une filière de combustion ravive donc une défiance ancienne. Avant de demander à la population de croire aux performances futures, la collectivité doit répondre aux expériences passées.

    « On nous promet une chaufferie » : les mots ne suffisent plus à convaincre

    CHAUFFERIE CSR : CHANGER LE NOM POUR FAIRE OUBLIER L'INCINÉRATION ?

    QUAND LES MOTS SERVENT À FAIRE PASSER LE FEU

    Dans les contributions, le terme « chaufferie CSR » est régulièrement dénoncé comme un habillage de communication. Les opposants rappellent que les CSR sont des déchets préparés pour être brûlés et que la combustion engendre des fumées et des résidus. Leur critique ne consiste pas à nier la différence technique entre une chaufferie CSR et une usine d’incinération d’ordures ménagères brutes : elle vise le risque de minimiser, par le vocabulaire, la réalité d’une activité thermique supplémentaire.

    Les contributions n° 229 et n° 211 insistent sur les limites des systèmes de filtration et les interrogations relatives aux substances persistantes, notamment les PFAS. Il ne faut pas transformer ces inquiétudes en preuve d’un dépassement futur des normes : les performances annoncées doivent être évaluées sur leurs propres données. Mais aucun dispositif de traitement ne saurait être présenté comme une garantie abstraite de « zéro émission ». Les opposants réclament des mesures indépendantes, des résultats publics et des garanties opposables.

    SANTÉ, ENFANTS, RIVERAINS à 80 MÈTRES DES HABITATIONS : LES HABITANTS en PREMIÈRE LIGNE !

    Les contributions évoquent les quartiers de Garosud, des Grisettes et les secteurs voisins. Des parents, des personnes fragilisées sur le plan respiratoire et des habitants vivant à proximité expriment leur inquiétude. La contribution n° 227 évoque un nouveau-né ; la n° 221 décrit la situation d’une personne particulièrement sensible aux épisodes de pollution ; la n° 203 insiste sur la présence de familles dans le voisinage. Ces paroles ne constituent pas une étude épidémiologique, mais elles rendent impossible une lecture purement industrielle du dossier.

    Plusieurs opposants demandent un suivi sanitaire indépendant, une surveillance des retombées atmosphériques et une meilleure prise en compte des expositions cumulées avec la circulation routière. Cette revendication est compréhensible : les riverains ne respirent pas les polluants source par source, selon les chapitres d’une étude d’impact. Ils vivent dans un environnement réel, où se superposent trafic, activités industrielles et nuisances existantes.

    Une décision déjà prise avant le débat ? La démocratie environnementale mise en cause

    La contestation est aussi démocratique. L’Association de défense du quartier du Domaine de Montels, dans sa contribution n° 202, retrace les échanges engagés avec les élus, notamment une rencontre du 18 avril 2024, un dialogue citoyen entre octobre 2024 et mars 2025 et une concertation volontaire en mai-juin 2026. Selon l’association, ces démarches n’auraient pas permis de débattre véritablement d’autres orientations que la filière CSR déjà privilégiée.

    D’autres contributions, notamment les n° 217 et n° 200, réclament un débat contradictoire et une comparaison indépendante des solutions. Le dossier d’étude d’impact comporte bien une présentation d’alternatives : il serait faux de prétendre qu’aucune n’a été étudiée. La critique citoyenne porte plus précisément sur la place accordée à ces alternatives dans la décision politique et sur la possibilité réelle, pour les habitants, d’infléchir le projet. Une consultation ne devrait pas se réduire à recueillir les objections une fois les choix essentiels arrêtés.

    Zéro déchet ou alimentation du four : la contradiction MISE à NU !

    Plusieurs opposants voient une contradiction entre la politique affichée de réduction des déchets et l’investissement dans une installation conçue pour consommer jusqu’à 42 525 tonnes de CSR par an. Les contributions n° 220, n° 225 et n° 186 demandent pourquoi la priorité n’est pas donnée plus fortement à la prévention, au réemploi, au tri à la source et à la tarification incitative. Leur question mérite une réponse chiffrée : que deviendra le dimensionnement de la chaufferie si les ordures ménagères résiduelles diminuent plus rapidement que prévu ?

    Il ne serait pas exact d’affirmer que la chaufferie obligera nécessairement la Métropole à produire davantage de déchets : le dossier prévoit des plafonds et des flux qui peuvent évoluer. Mais les opposants ont raison de demander que la collectivité démontre la compatibilité de cet investissement de long terme avec ses propres objectifs de réduction des tonnages. Une politique de prévention ne peut rester un slogan à côté d’un outil industriel dont l’économie dépend de flux entrants.

    En plein disette, la facture, les camions, les résidus : qui assumera réellement les coûts ?

    La contribution n° 225 met en cause la promesse politique d’une diminution de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères et demande un bilan financier intégrant l’investissement, l’exploitation, les transports et le traitement des résidus. Des avis favorables, notamment les n° 224 et n° 222, soutiennent au contraire que la valorisation locale réduirait les exportations de déchets et les coûts associés. Ce désaccord ne peut être tranché à coups de slogans : il appelle la publication d’hypothèses comparables et vérifiables.

    Les opposants rappellent aussi que la combustion ne fait pas disparaître toute matière. Des mâchefers et des résidus d’épuration des fumées devront être pris en charge. Les camions ne disparaîtront pas non plus totalement. Il faut donc établir le bilan réel des déplacements évités et de ceux qui demeureront nécessaires, sans confondre le trafic actuel, le trafic futur et les mouvements liés à la construction.

    La demande des habitants : un véritable choix public, pas un passage en force

    Des contributions réclament un moratoire ou l’abandon du projet, notamment la n° 220. D’autres demandent avant tout une expertise indépendante, un débat public réellement contradictoire, une surveillance renforcée et une politique plus ambitieuse de réduction des déchets. Il serait abusif de présenter tous les opposants comme porteurs d’une solution unique : leurs propositions sont diverses. Mais elles convergent sur un point : la population veut pouvoir discuter du besoin, de la localisation et des alternatives, et pas seulement des filtres d’une installation déjà dessinée.

    AURA Environnement estime que cette mobilisation doit être prise au sérieux. Les contributions citoyennes ne remplacent ni l’étude d’impact ni l’instruction préfectorale. Elles mettent toutefois en lumière des préoccupations concrètes que la décision publique devra traiter : la confiance rompue par les nuisances anciennes, la protection des riverains, le coût à long terme et la cohérence d’une stratégie qui prétend réduire les déchets tout en ajoutant une capacité de combustion.

    MONTPELLIER N'EST PAS UNE CHAUDIÈRE, LES HABITANTS NE SONT PAS DES COBAYES !

    On ne répondra pas à la colère des Montpelliérains par un changement de vocabulaire. Appeler « valorisation énergétique » la combustion de déchets ne dispense pas de rendre compte des fumées, des résidus, de l’eau consommée, des risques industriels et des choix écartés. Présenter une étude sanitaire rassurante ne dispense pas d’expliquer ses limites. Annoncer des économies ne dispense pas d’en publier les calculs.

    La question est politique autant qu’environnementale : qui décide, qui bénéficie du projet et qui en supporte les nuisances éventuelles ? Les habitants demandent qu’on cesse de leur présenter la transformation d’AMETYST comme une fatalité technique. Une autre politique des déchets doit pouvoir être discutée publiquement, chiffres et documents sur la table.

    Pour AURA Environnement, une exigence s’impose : avant toute décision, les autorités doivent apporter des réponses précises aux objections formulées, démontrer la conformité du TMB, justifier la combustion sur place face aux solutions alternatives et prévoir une surveillance environnementale indépendante, accessible au public. La transition écologique ne peut se construire contre les populations concernées. Elle doit se faire avec elles, dans la transparence et avec le droit de contester.

    Source de cette synthèse : « CONTRIBUTIONS CP AMETYST MONTPELLER », contributions numérotées 1 à 229, arrêtées au 25 octobre 2026. Les avis et témoignages cités sont attribués à leurs auteurs ; ils ne valent pas constat technique ou sanitaire indépendant. Le texte initial de l’article AURA Environnement a été conservé sans modification.

    Marc-Claude de PORTEBANE

    Président d’AURA ENVIRONNEMENT

    Porte-parole du FRAI (Front Résistant Anti-Incinération)

    #DePortebane #AURAEnvironnement #AMETYST #Montpellier #Méthanisation #Incinération #CSR #Déchets #Environnement

  • Projet INCINERATION #IndaChlor d'Indaver @Loon-Plage-Dunkerque : AURA Environnement vide son sac à Peggy Carton car tribunal administratif !

    STOP INCINERATION projet IndaChlor :

    voici ce que nous contesterons

    au tribunal administratif !

    Loon 2 003 2 jpg a

    Madame la Commissaire-enquêteur,

    Mme Peggy CARTON

    Mairie

    59279 Loon-Plage

    Le 15/10/2017

    Nous vous prions, (au nom de notre COLLECTIF de Préservation de l’Environnement de la Région de Dunkerque – CPERD - dépendant de l’association de défense de l’environnement et des animaux AURA Environnement http://www.aura-environnement.com/ ), de bien vouloir prendre note de cette contribution à l’enquête publique dont vous avez la charge et responsabilité.

    Cette contribution repose sur une lecture attentive du dossier, particulièrement de sa partie technique ainsi dévoilée et soumis aux regards des tiers et habitants de Dunkerque que nous sommes. Elle dépasse l’émotion engendrée par ce projet et retranscrite par nos 2 pétitions (dépassant + de 42 000 signatures), lancement des alertes.

    LIENS : https://www.mesopinions.com/petition/animaux/contre-projet-usine-dechets-dangereux-indachlor/30569 et https://www.mesopinions.com/petition/animaux/stop-projet-indachlor-dunkerque-halte-aux/32716

    Elle s’articule et complète nos dires, droits et devoirs d’alerte autour de ce dossier fumant, qui nous l’espérons ne verra pas le jour sans se garantir du réel besoin et du pire risque pour la santé, la protection des hommes et des animaux, de l’environnement.

    Sur la nécessité d’ouvrir une installation d’incinération de déchets dangereux hautement chlorés dans les Hauts de France, le pétitionnaire reconnait, même s’il n’ose pas le chiffrer, que plus de 75% des flux traités sur l’installation sont produits hors de la région et même hors de France. Ce qu’il ne dit pas, par contre, c’est que tous ces déchets ont d’ores et déjà une solution de traitement et pour la plupart dans leur pays de production.

    Pourquoi cet export vers la France ? Du fait d’une règlementation moins contraignantes que celles des pays du nord de l’Europe.

    On comprends au regard des documents du pétitionnaire que le choix de la région est basé sur un équilibre entre les zones de production des déchets et la première zone industrielle prête à tout accepter pour un soi-disant développement économique.

    Il faut noter que les très faibles productions de déchets chlorés locales, du fait du déclin actuel des productions de PVC, principale source de déchets dangereux chlorés, sont traitées sur les installations locales et ainsi permettent de soutenir les actions entreprises par les entrepreneurs locaux dans l’objectif d’un maintien pérenne de l’emploi local.

    En contradiction donc avec la Waste Shipment Directive et la convention de Bâle, le pétitionnaire propose de créer une installation inutile localement mais aussi à l’échelle européenne d’incinération de déchets dangereux, importés pour des raisons de dumping social et économique dans notre région et avec un impact nul en terme d’incidence sur le trafic routier (dixit le dossier présenté) ce qui est à proprement parlé… impossible.

    Le pétitionnaire fait valoir que cette implantation est liée à la valorisation du Chlore sur des filières hypothétiques, inexistantes (§ nature et volume des activités).

    Il propose aussi une soit-disante valorisation énergétique tout en n’expliquant pas comment cette installation sera à même de répondre aux critères de l’arrêté ministériel du 20 septembre 2002 indispensable pour prétendre au dit classement. Il s’agit bel et bien d’une usine d’incinération de déchets dangereux ! (§ nature et volume des activités). Mais le pétitionnaire n’était sans doute pas au courant de cette réglementation puisqu’il n’y fait pas référence.

    Un pétitionnaire light. Le pétitionnaire est une SASU (§ Présentation de la société), structure juridique atypique avec un capital insuffisant pour apporter des garanties financières dignes, fiables et vérifiables.

    Les capacités financières (§ capacités financières) sont celles d’une maison mère du Groupe INDAVER et non de cette SASU, obscure filiale sans garantie de solidarité. Bizarrement ou par omission le montant des investissements projetés n’est pas précisé. Un manquement volontaire ou pour faire une usine de déchets dangereux au rabais ! ? L’actionnaire unique n’est pas garant de sa filiale et limite ainsi sa responsabilité, surtout en cas de faillite !

    Revenons à la valorisation du Chlore.

    De qui se moque-t-on sachant que dans le document soumis à enquête aucune indication n’est donné sur la qualité requise par Aliphos pour son opération de valorisation et qu’il faut par ailleurs noter que le marché de l’acide chlorhydrique est sur-capacitaire en Europe du Nord. On remarquera que le pétitionnaire ne dit rien à ce sujet. Il n’y a donc aucun besoin de fabrication complémentaire.

    C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le site d’Aliphos est prêt à fonctionner sans l’utilisation de l’acide chlorhydrique d’IndaChlor.

    Le pétitionnaire ne joint d’ailleurs aucun éléments permettant de croire que le site d’Aliphos consommera bien la quantité produite et selon un cahier des charges officiel. Hypothétique valorisation !

    L’un est capable de fonctionner sans l’autre mais Indachlor ne sait pas fonctionner économiquement sans Aliphos *.

    L’équilibre est bien fragile pour un incinérateur de déchets dangereux.

    Notons toutefois, qu’il semble que l’acide chlorhydrique doive répondre à une qualité alimentaire. A qui peut-on faire croire que cette qualité sera obtenue à partir de déchets dangereux alors que les déchets traités contiennent à minima des métaux lourds (Plomb, Thallium,..), des sulfates et probablement des dioxines et furanes (type PCDD et PCDF).

    Que dire du Chapitre 11 de la liste des déchets avec des bains de PCT en incinération pour produire de l’HCL valorisé, alors que c’est hautement toxique ? C’est sans-doute la seule et unique raison qui a amené le pétitionnaire à ne pas fournir d’information sur la qualité produite.

    Le risque sanitaire et de contamination des chaines alimentaires est avéré ! Le risque sanitaire est majeur pour le personnel de ce type d’usine d’incinération dite de valorisation de déchets dangereux.

    L’exposition aux solvants chlorés aliphatiques et pire aromatiques augmente significativement l’occurrence des lymphomes et cancers chez les travailleurs. Le suivi médical exposé dans ce dossier est un crime. Aucun CHSCT ne laisserait passer une telle désinvolture pour protéger la santé des travailleurs !

    (*) il faut noter que le process de la société Aliphos constitue une vraie boucle circulaire de valorisation. Pourquoi prendre le risque de mettre en danger cette activité créatrice d’emploi avec du traitement des déchets susceptibles de diffuser des polluants dans la chaîne alimentaire.

    Peut-être d’ailleurs n’y croit-il pas lui-même puisque dans le même temps il demande l’autorisation de prendre des déchets à basse teneur en chlore (démonstration par la preuve !), voir d’autres déchets sans limitation particulière.

    Perdu pour perdu, le pétitionnaire envisage sérieusement de transformer donc le site en incinérateur à déchets dangereux de tout type avec tous les risques que nous connaissons.

    Quelle farce !

    À titre d’exemple, les déchets en provenance des installations classées de traitement chimique de surface et de revêtements des métaux non-ferreux pourtant proposé dans les déchets autorisés sont totalement incompatibles du fait de la quantité de métaux lourds qu’ils contiennent avec une réutilisation « alimentaire » de l’acide chlorhydrique(*).

    Il faut noter que ceci est une caractéristique globale du dossier. Le pétitionnaire propose des mesures, mais n’indique aucune limite ouvrant ainsi la possibilité de transformer totalement le fonctionnement de l’installation sans aucun contrôle.  Les seuils d’acceptabilité des déchets présentés (§caractérisation des déchets à traiter) interdisent toute faisabilité de produire de l’acide chlohydrique vendable donc valorisable.

    Pour finir, l’Acide Chlorhydrique issu de l’incinérateur (voir tableau des rubriques) est un déchet au sens règlementaire du terme.

    Il ne pourra donc être utilisé par Aliphos qu’après changement de statut (concept de sortie du statut de déchet) – rien n’est dit sur ce processus et le processus de classification REACH qui lui est associé -, alors que cet argument est pourtant le seul qui sous-tend la raison d’être annoncée de cette installation.

    On ne pourrait croire qu’une autorisation soit accordée avec un tel écart règlementaire.

    Pour mémoire : REACH est un règlement de l'Union européenne adopté pour mieux protéger la santé humaine et l'environnement contre les risques liés aux substances chimiques.

    REACH est aussi opposable en France et aussi à Dunkerque !

    Outre, l’absence de nécessité de construire une telle installation à risque pour les riverains et l’environnement, qui comme nous l’avons démontré utilise fallacieusement l’alibi de la valorisation matière et de l’emploi et ne traitera que des déchets étrangers, il est notable que :

    • Le projet d’usine d’incinération de déchets dangereux est incompatible avec le PREDIS qui ne fait et ne peut faire état d’un besoin d’une telle usine puisqu’il n’y a ce type de déchets dans le nord de la France. Leur schéma d’économie circulaire (( § nature et volume des activités) est une vaste tromperie et supercherie incompatible avec le plan régional d’aujourd’hui et de demain. Le PREDIS est opposable aux tiers des Hauts de France, de Dunkerque aussi ! Il faut saisir la Région et leurs politiques de ce néfaste projet. L’origine géographique ( § Nature et origine des déchets) évoque des déchets venant de la région AURA et de la région PACA alors que ces régions disposent de leurs propres usines (3 usines en AURA). Des déchets qui vont traverser toute la France au mépris du principe de proximité, des tonnes de C0² qui pourraient être évitées ! Et le pétitionnaire tente maladroitement à ce justifier en § compatibilité du projet avec le plan régional du Nord-Pas de-Calais aujourd’hui région Haut-de-France. Aucune précision par ailleurs n’est donnée sur la répartition des déchets dangereux qui viendront d’autres régions, sans vérifier les dispositions propres de ces autres régions, et aussi d’autres pays. Dunkerque, poubelle des déchets dangereux de France et d’Europe !
    • Le pétitionnaire passe sous silence les risques économiques de son activité. En effet, prenons par exemple, les déchets en provenance de UK. Il est fort probable que le Brexit empêchera le transport de déchets entre l’Europe et les autres pays ou pour le moins les contraindra au maximum tel que défini dans la convention de Bâle pour les seuls déchets n’ayant pas de solution de traitement dans leur pays de production – ce qui n’ai clairement pas le cas du UK. Si ces déchets ne sont pas susceptibles d’être traités sur cette installation alors celle-ci risque fort de devoir faire face à des difficultés économiques importantes, ce d’autant plus que la taille de son capital montre à quel point sa maison mère ne crois pas au projet et se prépare à laisser tomber sa filiale en cas de difficultés. Les Hauts-de-France se souviennent douloureusement d’installations exploitées en dépit de toutes les règles du fait de situation financière difficile et des conséquences que cela a eu et a encore sur les hommes, la nature et l’environnement et ce pour les siècles à venir. On peut d’ailleurs penser qu’en cas d’accident industriel un tel capital permettrait à la maison mère de ne pas honorer ses obligations de remédiation.

    Une installation non-nécessaire sur un marché européen, incompatible et non conforme au PREDIS, disposant de capacité suffisante sur chacun des pays, renforçant les transferts transfrontaliers plus ou moins licites et en vue d’une valorisation « alibi ». Le pétitionnaire ne donne réellement dans son dossier aucun élément fiable pour expliquer l’implantation de cette unité. Comme si cela n’était pas suffisant et sans-doute pour les raisons économiques citées plus hauts, le process proposé fait prendre des risques aux personnes, aux biens et à la nature environnante. Ce sont des risques d’accidents chimiques dont les conséquences se chiffrent en plusieurs dizaines d’années. Il ne faut pas être expert pour comprendre les risques induits pas les éléments suivants à titre d’exemple :

                    -            Tuyauterie enterrée non contrôlable transférant de l’acide chlorhydrique d’un site à un autre (§ description du site, § canalisation de transport de condensats, d’acide chlorhydrique).

                    -            Tuyauterie enterrée non contrôlable permettant le transfert des effluents aqueux d’un site vers l’autre sans aucune indication d’un possible traitement ou usage avec rejets dans l’environnement. Quel type de tuyauterie, quelle faisabilité d’inspection de ces ouvrages ?

    Des tuyauteries multiples et des des risques de fuites sombres et obscures, sans moyen de détection et de remédiation !

    • le schéma de principe du fonctionnement du four (§traitement thermique) est incompréhensible et illisible. Les rendements des deux champs sont irréalistes et ne permettent pas d’atteindre les seuils envisagés. Quels sont les moyens mises en œuvre en cas de rupture côté chaudière avec des gaz hautement explosifs ?? Que deviennent les cendres et autres matériaux vitreux liquides qui sont générés par cette soit-disante usine de valorisation ?
    • la récupération de chaleur est une fin en soi. Le pétitionnaire ne s’engage sur aucun rendement de la turbine sauf à masquer les risques associés. (§récupération de chaleur et production d’électricité). La solution d’acide chlorhydrique (récupération de l’acide chlorhydrique) est illusoire. Cette solution contiendra des métaux lourds semi-volatils (plomb) et volatiles (mercure, thallium,….)
    • l’épuration des fumées se fait par un système de lavage à l’eau. Même pas une pauvre colonne de lavage à la soude pour le SO2 (Dioxyde de souffre) ???

           -    Mélange de déchets dans des cuves sans spécification et surtout sans analyse de compatibilité (§Description du site).  Les risques d’explosion sont avérés, la dangerosité autant. Après Toulouse, Dunkerque !!! Aucune action de prévention contre le risque de réaction chimique avec montée en pression et explosion de la cuve n’est décrite en Mélange des déchets dangereux liquides chlores. AZF on oublie ? Idem en ce qui concerne les émissions de COV lors du dépotage des citernes mobile d’injection directe (§ stockage des déchets dangereux). L’inertage à l’azote est prévue, semblerait-il, sur les réservoirs aériens, ce qui laisse sous-entendre le spectre d’un ciel gazeux potentiellement explosif.

             -  Absence de laboratoire (a peine évoqué et dans description des moyens, (§ description du site, aucun process détaillé) pour les tests règlementaires d’acceptation (assurant contrôle et traçabilité des déchets, produits et sous produits dangereux, Nature et origine des déchets). Où sont les emplois qualifiés tant promis par le pétitionnaire !!!

             -   Absence de portique permettant la détection de la radioactivité (§ contrôle des déchets entrants). Pour une usine décrite comme hautement technologique le pétitionnaire se limite à un simple équipement manuel ! De qui se moque-t-on ??? Une usine à minima pour des déchets dangereux à maxima mériterait une automatisation du contrôle de tous les flux avec contrôle de la CRIIRAD. Les contrôles ne peuvent être aléatoires comme décrit en (§ contrôle de non radioactivité). Il s’agit aussi de préciser de quelle radioactivité l’on parle : alpha, beta, gamma …… ????? !!!!!!!!!

            -   La protection des rétentions est réalisée à partir de résine pour lesquelles la compatibilité aux produits organiques et aux UV n’est pas donnée dans le dossier. Il y a là un risque de perte d’étanchéité et de pollution de sol. Idem pour le choix des matériaux y compris dans des zones soumises à corrosion – acier non allié induisant des risques de fuites.

              -  Aucun éléments descriptifs du process ne constitue un engagement du pétitionnaire à respecter les valeurs d’émission qui seraient prescrites dans un arrêté d’autorisation d’exploiter : risque de corrosion du filtre électrostatique, absence de traitement des NOx (SNCR) et ce bien que tout le monde sache maintenant que les oxydes d’azote sont bien plus dangereux pour l’homme et l’environnement que le CO2. Le synoptique du procédé de traitement (§procédé de traitement) fait une impasse totale sur le traitement des purges. Ou vont les métaux lourds et les poussières ?

              -  Pour finir et ce n’est pas le moindre des risques que ferait prendre cette installation à l’Environnement et à la biodiversité , en cas d’incendie les eaux d’extinction et les mousses seront acides du fait des déchets reçus or la bâche de rétention de ces eaux n’est pas prévue pour résister aux acides. Les eaux iront donc directement polluées le milieu environnant détruisant la faune et la flore.

    Le PORT de DUNKERQUE, ses salariés, ses riverains, les communes limitrophes ne peuvent une zone de non droit au mépris de la protection des vies et de l’environnement. Dunkerque vaut mieux que de recevoir et de continuer à concentrer des risques industriels aux conséquences irréversibles.

    Le pétitionnaire montre dans le descriptif technique de son procédé une bien faible connaissance des MTD (meilleures techniques disponibles) puisqu’il reconnait que le position vis-à-vis de ses MTD est donné dans le dossier à titre indicatif. Sans-doute doit-on lui rappeler que des documents sont d’ores et déjà publiés et ce depuis de nombreuses années sur internet sur le site de l’Ineris. Dans tous les cas, cette méconnaissance des textes est inquiétante et sert à faire accepter un dimensionnement à minima des moyens de protection de l’environnement. La méconnaissance des MTD est certainement avérée par l’incident de leur usine à ANVERS ! Incapable de croitre sur leur propre territoire, ils viennent contaminer et faire porter les risques sur Dunkerque.

    Pour conclure, le dossier laisse apparaitre des lacunes graves en matière de protection de l’Environnement : zone humide, zones agricoles, protection des ressources en eau (§ tableau rejet des eaux ou on ne parle plus  de chlorures et de sulfates), trafic, rejets atmosphériques, et de maitrise des risques (les cuves d’HCL sont sur du génie civile en béton sans revêtement anti-acides autres réservoirs non résistants,…. Autant de petits détails de lacunes avérées de ce dossier, le tout pour une usine SEVESO) or son l’activité n’est pas nécessaire et son implantation n’est pas si ce n’est nullement justifiée. Nous demandons le rejet pure et simple de cette demande.

    Ce dossier soumis à enquête publique est volumineux mais creux par l’absence de dimensionnement technique  sérieux de l’installation, d’analyse des risques, d’engagement du pétitionnaire sauf à faire une usine dangereuse et LOW COST, et SURDIMENSIONNEE. L’étude d’impact et de dangers en est de fait obsolète et est insuffisante tant sur le fond que sur la forme.

    Beaucoup de pages, de mots, pour autant d’approximations et d’insuffisance des études. Beaucoup de com’ comme communication de presse promettant emplois et modernité pour un dossier en décalage, creux !

    DANGEREUX !

    Marc-Claude de PORTEBANE

    Président d’AURA Environnement