santé publique

  • AMETYST à MONTPELLIER : APRES la METHANISATION, PLACE à l'INCINERATION! des POUBELLES !

    Cet incinérateur déguisé qui brûlera jusqu’à 42 525 tonnes de déchets par an, une usine de méthanisation maintenue et des risques de nuisances supplémentaires : AURA Environnement s’interroge sur les conséquences sanitaires et environnementales de cette double activité industrielle en pleine ville !

    Stop incinerateur ametyste montpellier

    QUAND LE TMB MÈNE AU FOUR

    Une usine qui devait privilégier le traitement biologique des déchets

    Lorsque l’agglomération de Montpellier a décidé, au début des années 2000, de construire une installation de traitement des ordures ménagères, elle s’est orientée vers une technologie reposant sur le tri mécano-biologique et la méthanisation. Le principe consistait à séparer différentes fractions des déchets, puis à traiter biologiquement les matières organiques afin de produire du biogaz.

    Cette orientation répondait à la volonté de développer une autre forme de traitement des déchets ménagers que leur incinération directe. Elle avait conduit à la création de l’usine AMETYST, implantée dans la ZAC Garosud, au 230 rue Raymond Recouly, à Montpellier.

    L’étude d’impact du nouveau projet rappelle elle-même cette décision historique. A la page 416, le bureau d’études AECOM précise que le conseil d’agglomération avait retenu le principe d’une installation de tri, de préparation et de méthanisation des déchets ménagers. Les communes avaient été consultées pour accueillir cette installation et seule Montpellier s’était portée candidate.

    Plus de vingt ans après, la situation a considérablement évolué. L’usine de méthanisation sera maintenue, mais une nouvelle installation destinée à brûler des combustibles préparés à partir des déchets viendra s’y ajouter.

    Montpellier conservera donc sa méthanisation tout en accueillant une nouvelle activité de combustion des déchets sur le même site. Ce changement de stratégie mérite d’être expliqué aux habitants, d’autant qu’il s’accompagne d’une transformation importante des procédés industriels et des installations existantes.

    Plus de 42 000 tonnes de déchets brûlés chaque année !

    Le projet de transformation d’AMETYST est porté par la société URBA MÉDITERRANÉE, appartenant au groupe URBASER. Il prévoit notamment la construction d’une chaufferie alimentée par des combustibles solides de récupération, plus communément appelés CSR.

    Ces combustibles sont préparés à partir de déchets qui ne peuvent pas être directement recyclés dans les conditions prévues par la filière. Ils peuvent notamment contenir des plastiques, des textiles, des papiers et d’autres matières combustibles. Après différentes opérations de tri et de préparation, ils sont destinés à être brûlés pour produire de l’énergie.

    Selon le dossier de demande d’autorisation environnementale (DDAE) que nous avons épluché, la nouvelle chaufferie pourra consommer jusqu’à 42 525 tonnes de CSR par an. Son fonctionnement est prévu sur une durée de référence de 8 100 heures annuelles, ce qui correspond à plus de 337 jours.

    Une cheminée de 28,5 mètres de hauteur permettra l’évacuation des fumées après leur passage dans les équipements de traitement.

    Il faut être précis sur la nature de cette installation. Une chaufferie CSR ne reçoit pas directement des ordures ménagères brutes comme un incinérateur traditionnel. Les déchets sont préalablement triés et transformés en combustible. En revanche, le procédé repose bien sur leur combustion et produit des fumées ainsi que des résidus qui devront être traités ou éliminés.

    Le dossier prévoit des équipements destinés à limiter les émissions atmosphériques, notamment les poussières, les oxydes d’azote, les gaz acides, les métaux et les dioxines. Ces dispositifs sont indispensables, mais leur présence ne signifie pas que les émissions seront inexistantes.

    La question est donc de savoir quelles seront les quantités de polluants réellement rejetées, dans quelles conditions elles seront contrôlées et quelles conséquences cette nouvelle activité pourrait avoir sur l’environnement immédiat du site.

    Les odeurs de la méthanisation ne disparaîtront pas avec la nouvelle chaufferie à 80 m des populations locales !

    L’usine AMETYST est déjà une installation industrielle importante. Son fonctionnement repose sur la réception et la préparation des ordures ménagères, le traitement biologique des matières organiques et la gestion des digestats issus de la méthanisation.

    Ces activités nécessitent une surveillance permanente des émissions odorantes. Les opérations de réception des déchets, de manipulation des matières organiques et de traitement des résidus peuvent être à l’origine de nuisances pour les entreprises et les habitants voisins.

    Les documents environnementaux examinés par AURA Environnement font état de contrôles des dispositifs de traitement de l’air et de dépassements relevés sur certains équipements lors de campagnes antérieures. Le projet prévoit des améliorations destinées à mieux capter et traiter les odeurs.

    Il serait donc inexact de considérer que la situation future sera nécessairement identique à la situation actuelle. Les modifications annoncées peuvent améliorer certains aspects du fonctionnement de l’établissement.

    Cependant, l’ajout d’une chaufferie de combustion introduira une nouvelle source de rejets atmosphériques dans Montpellier intra-muros. Les nuisances olfactives liées au traitement biologique et les émissions issues de la combustion ne sont pas de même nature, mais elles devront être appréciées dans leur ensemble.

    Cette question prend une importance particulière compte tenu de l’implantation de l’usine dans un secteur urbanisé, à proximité d’activités économiques et d’habitations. Le dossier identifie notamment des logements situés à environ 80 mètres des limites de propriété.

    AURA Environnement considère que les riverains doivent pouvoir disposer d’une information claire sur les émissions attendues, les dispositifs de surveillance et les mesures prévues en cas de dysfonctionnement.

    Quand la chaufferie s’arrêtera, comment seront traitées les odeurs ?

    Un élément du fonctionnement futur d’AMETYST retient particulièrement notre attention.

    Le projet prévoit qu’une partie de l’air extrait des bâtiments de préparation et de stockage des CSR sera utilisée comme air de combustion dans la nouvelle chaufferie. Cette organisation doit contribuer au traitement de certains composés odorants.

    Mais une installation industrielle ne fonctionne pas continuellement sans interruption. Des arrêts sont nécessaires pour l’entretien, la maintenance ou les réparations. Des incidents techniques peuvent également entraîner des indisponibilités imprévues.

    Dans ces situations, les déchets continueront à être présents dans les bâtiments et les installations de traitement biologique pourront poursuivre leur activité.

    Le dossier indique que l’air extrait sera alors dirigé vers un biofiltre existant. Cette solution devra être examinée avec attention, car elle suppose que les équipements de traitement de l’air disposent des capacités suffisantes pour prendre le relais.

    Il conviendra notamment de vérifier les débits réellement traités, les performances des installations en période d’arrêt de la chaufferie et les procédures prévues lorsque plusieurs équipements sont simultanément indisponibles.

    L’amélioration annoncée des performances en fonctionnement normal ne saurait dispenser l’exploitant de démontrer que les nuisances resteront maîtrisées dans les autres situations d’exploitation.

    Le tri mécano-biologique face aux nouvelles obligations réglementaires

    Au-delà des questions de pollution, la transformation d’AMETYST intervient dans un contexte réglementaire profondément modifié.

    Le tri mécano-biologique, ou TMB, consiste à traiter mécaniquement des ordures ménagères résiduelles afin d’en séparer différentes fractions, dont les matières organiques qui peuvent ensuite subir un traitement biologique.

    Pendant de nombreuses années, ce procédé a permis de produire des matières destinées à différentes formes de valorisation. Mais la législation française a progressivement renforcé la priorité donnée au tri des biodéchets directement par les ménages et les autres producteurs.

    La loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, dite loi AGEC, a notamment modifié les conditions applicables aux installations de TMB.

    L’article L.541-1 du Code de l’environnement encadre les autorisations de nouvelles installations, les augmentations de capacité et certaines modifications des installations existantes. L’article R.543-227-2 précise les conditions réglementaires correspondantes, notamment en matière de généralisation du tri à la source des biodéchets.

    Il convient toutefois d’éviter une confusion : la réglementation ne prévoit pas la fermeture générale de toutes les installations de TMB au 1er janvier 2027.

    Elle interdit notamment, à compter de cette date, la production de compost à partir de la fraction fermentescible issue des ordures ménagères résiduelles. Cette évolution impose aux exploitants concernés de modifier leurs procédés et leurs débouchés.

    C’est précisément dans ce contexte que s’inscrit la transformation d’AMETYST.

    La question juridique consiste à déterminer si les modifications projetées relèvent des dispositions de l’article R.543-227-2 et, dans l’affirmative, quelles conditions doivent être respectées. Le texte prévoit certaines exceptions, notamment pour des modifications répondant à des objectifs de sécurité, de réduction des nuisances, d’amélioration environnementale ou de mise en conformité.

    AURA Environnement souhaite que l’administration précise la qualification juridique retenue pour les modifications du TMB et les éléments sur lesquels repose cette appréciation.

    Le tri des biodéchets par les habitants doit être vérifié !

    Depuis le 1er janvier 2024, la généralisation du tri à la source des biodéchets constitue une obligation qui concerne l’organisation de leur collecte et de leur valorisation.

    Les collectivités doivent proposer aux habitants des solutions adaptées, qu’il s’agisse notamment de collecte séparée ou de compostage de proximité.

    Dans le cas des installations de TMB soumises aux dispositions de l’article R.543-227-2, la réglementation prévoit des critères permettant de démontrer que cette généralisation est effective.

    Il ne suffit donc pas de constater qu’une collectivité distribue des composteurs ou a installé des points de collecte. Encore faut-il apprécier les dispositifs mis en place et leurs résultats au regard des critères réglementaires applicables.

    Pour AMETYST, il conviendra de vérifier les justificatifs produits par Montpellier Méditerranée Métropole et, le cas échéant, par les autres collectivités dont les déchets sont réceptionnés sur le site.

    À ce stade, AURA Environnement ne prétend pas que ces documents seraient absents du dossier. Leur identification précise demeure néanmoins nécessaire pour apprécier la conformité de la transformation envisagée.

    Cette vérification est d’autant plus importante que le projet continuera de traiter des ordures ménagères résiduelles contenant potentiellement une fraction de biodéchets.

    Des digestats séchés pour alimenter la nouvelle filière de combustion

    L’une des évolutions les plus significatives du projet concerne le devenir des matières issues du traitement biologique.

    La transformation prévoit de nouvelles opérations de déshydratation et de séchage des digestats. Une partie des matières ainsi préparées pourra être orientée vers la production de CSR.

    Cette modification traduit un changement profond dans la manière de valoriser les fractions organiques issues des ordures ménagères.

    Le projet prévoit un véritable changement d'échelle énergétique. Pour sécher les déchets avant leur transformation en combustible, l'usine aurait besoin de près de quinze fois plus de chaleur qu'aujourd'hui. Les besoins thermiques passeraient ainsi de 3,3 GWh à 49 GWh par an, soit une augmentation de près de 1 400 % !!!

    Une question se pose alors : combien d'énergie sera réellement produite pour les habitants une fois déduite celle nécessaire au fonctionnement de l'installation elle-même ?

    Concrètement, une part considérable de la chaleur produite ne servira pas à chauffer les logements ou les équipements publics, mais à sécher les déchets avant leur combustion. Cette opération représenterait à elle seule environ 24 GWh par an.

    Autrement dit, une partie importante de l’énergie produite par la future chaufferie sera utilisée pour faire fonctionner les nouveaux procédés industriels.

    Cette organisation peut présenter un intérêt technique, notamment lorsqu’elle permet de réduire les quantités de déchets destinées à l’enfouissement. Mais elle impose de vérifier le bilan énergétique global de l’installation.

    Il faut notamment tenir compte de l’énergie nécessaire au séchage, des quantités d’eau évaporées, des matières finalement brûlées et de l’énergie réellement disponible pour les utilisateurs extérieurs.

    La production d’énergie ne doit pas être examinée indépendamment des consommations nécessaires pour préparer les combustibles.

    Pourquoi ne pas valoriser les CSR dans des installations existantes ?

    Le pétitionnaire justifie notamment son projet par la volonté de réduire les quantités de déchets envoyées en installation de stockage.

    Cet objectif mérite d’être pris en considération. L’enfouissement des déchets présente lui aussi des incidences environnementales, notamment en matière d’occupation des sols, de gestion des lixiviats et d’émissions de gaz à effet de serre.

    Mais la réduction de l’enfouissement ne suffit pas, à elle seule, à justifier tous les choix industriels.

    La question de la localisation de la combustion demeure essentielle.

    L’étude d’impact examine plusieurs solutions alternatives, notamment le maintien des activités actuelles après les travaux d’adaptation, avec une orientation accrue des refus vers des installations extérieures.

    Le pétitionnaire estime que cette option serait moins satisfaisante au regard des objectifs poursuivis. Pour autant, la valorisation externe des CSR mérite d’être comparée à leur combustion sur place, en tenant compte de l’ensemble des incidences environnementales.

    Une solution extérieure pourrait entraîner davantage de transports routiers. En contrepartie, elle éviterait l’installation d’une nouvelle source de combustion à proximité immédiate des riverains d’AMETYST.

    À l’inverse, la combustion locale pourrait limiter certains déplacements, mais elle introduirait de nouveaux rejets atmosphériques sur le site.

    Ces avantages et inconvénients doivent être comparés selon des critères homogènes.

    AURA Environnement souhaite notamment connaître les hypothèses retenues concernant les distances de transport, les émissions atmosphériques, les consommations énergétiques et l’exposition des populations.

    Une consommation d’eau qui pourrait dépasser 68 000 m³ par an

    La consommation d’eau constitue un autre point important du dossier.

    Le projet prévoit des besoins annuels d’environ 68 500 m³, alors que les prescriptions préfectorales actuellement applicables fixent un plafond annuel de 48 000 m³.

    L’augmentation représente 20 500 m³ par an, soit environ 42,7 % par rapport à ce plafond.

    Une telle évolution mérite des explications dans un territoire méditerranéen régulièrement confronté à des épisodes de sécheresse.

    Il ne s’agit pas d’affirmer que la future installation sera nécessairement en infraction. L’autorisation environnementale sollicitée peut conduire l’administration à réexaminer les volumes autorisés et les prescriptions applicables.

    Cependant, les besoins supplémentaires doivent être justifiés, tout comme les mesures prévues pour limiter les prélèvements en période de tension sur la ressource.

    La question se pose également pour les différents usages de l’eau dans l’installation, notamment les procédés industriels, les équipements de combustion et les dispositifs de sécurité. La maîtrise de la consommation d’eau devra faire partie des engagements vérifiables de l’exploitant.

    UNE BOMBE à RETARDEMENT : L'EFFET DOMINO EST à CRAINDRE !

    Les risques d’incendie et d’explosion doivent être appréciés à l’échelle de l’ensemble du site, car la transformation d’AMETYST ne concerne pas uniquement les émissions atmosphériques.

    L’établissement continuera de produire et de traiter du biogaz, un mélange gazeux contenant du méthane, tout en accueillant de nouveaux équipements de préparation et de stockage de combustibles.

    La coexistence de ces activités impose une vigilance particulière en matière de sécurité industrielle.

    L’étude de dangers examine différents scénarios, notamment les incendies de stocks de CSR, les explosions liées au biogaz et les conséquences possibles d’accidents affectant certains équipements.

    Des moyens de prévention et de protection sont prévus, dont des installations de défense incendie et des capacités de rétention des eaux d’extinction. Ces dispositifs devront être appréciés au regard des scénarios les plus pénalisants.

    Les eaux utilisées pour éteindre un incendie industriel peuvent contenir des substances polluantes. Leur confinement constitue donc une question importante pour la protection des sols et des eaux.

    AURA Environnement considère que l’analyse des risques doit porter sur l’ensemble des installations, y compris les interactions possibles entre les différentes activités et les conséquences d’un accident sur les établissements voisins.

    LES HABITANTS SERVENT-ILS de COBAYES : LES RIVERAINS DEVRONT-ILS ESSUYER les PLÂTRES ?

    Que sait-on réellement des conséquences sanitaires ?

    L’évaluation sanitaire jointe au dossier conclut à des niveaux de risque inférieurs aux repères retenus dans l’étude.

    Le quotient de danger cumulé maximal annoncé est de 0,22, pour une valeur de référence de 1. L’excès de risque individuel cancérogène maximal est évalué à 2,3 × 10⁻⁶, inférieur au repère de 10⁻⁵ utilisé dans cette évaluation.

    Ces résultats doivent être présentés correctement. Ils ne permettent pas d’affirmer que le projet entraînera nécessairement des effets sanitaires chez les riverains.

    En revanche, ils ne signifient pas davantage que toutes les incertitudes ont disparu.

    Les évaluations sanitaires reposent sur des hypothèses relatives aux émissions, aux concentrations atmosphériques, aux durées d’exposition et aux caractéristiques toxicologiques des substances étudiées.

    Certaines substances ne disposent pas de valeurs toxicologiques permettant une quantification complète des risques.

    La question des PFAS mérite également une attention particulière. Ces composés peuvent être présents dans certains déchets et leur comportement lors de la combustion dépend de nombreux paramètres, notamment de la nature des substances, des conditions de traitement thermique et des équipements d’épuration.

    Le dossier prévoit des contrôles, mais il importe de distinguer les obligations de surveillance des émissions de la démonstration d’une absence de risque.

    AURA Environnement estime nécessaire que les incertitudes résiduelles soient clairement exposées et que les prescriptions de surveillance soient adaptées aux caractéristiques des combustibles réellement utilisés.

    Une production d’énergie importante, mais des débouchés à confirmer

    La future chaufferie est présentée comme un outil de valorisation énergétique destiné à produire de l’électricité et de la chaleur.

    L’annexe énergétique annonce notamment 64 564 MWh de chaleur par an destinés au réseau de chaleur urbain de Montpellier, ainsi qu’une production électrique annuelle d’environ 30 011 MWh. Ce projet promet de chauffer MONTPELLIER et de produire de l'électricité. Mais derrière cette vitrine énergétique, une partie importante de l'énergie produite sera d'abord consommée par l'installation elle-même pour sécher et préparer les déchets destinés à la combustion !

    Parallèlement, la méthanisation doit permettre la production de biométhane destiné à être injecté dans le réseau de gaz.

    Ces perspectives constituent une part importante de la justification du projet.

    PRODUIRE pour GASPILLER ?

    Produire plus d'énergie n'a d'intérêt que si elle est réellement utilisée. Or le dossier reconnaît qu'une quantité importante de chaleur, estimée à 17 GWh par an, ne trouve pas encore pleinement sa place dans les usages prévus.

    Le pétitionnaire évoque notamment de nouveaux raccordements au réseau de chaleur, ainsi que la possibilité d’utiliser une partie de cette énergie pour produire du froid.

    Ces solutions peuvent présenter un intérêt, mais leur réalisation effective doit être distinguée des perspectives de développement.

    La performance énergétique du projet dépendra donc non seulement de la quantité d’énergie produite, mais également de son utilisation réelle et de la continuité des débouchés annoncés.

    Il serait utile de connaître les engagements existants pour l’achat de chaleur, les besoins saisonniers du réseau et les quantités d’énergie susceptibles de ne pas être valorisées.

    402 MILLIONS D'EUROS : QUAND LES POUBELLES DEVIENNENT UNE AFFAIRE À PLUSIEURS CENTAINES DE MILLIONS !

    Derrière les promesses de valorisation énergétique et de modernisation industrielle se cache une autre réalité : le poids financier considérable du projet AMETYST pour Montpellier Méditerranée Métropole.

    Selon les chiffres officiels de la collectivité, le projet représente environ 110 millions d'euros d'investissement.

    Mais ce montant ne raconte qu'une partie de l'histoire !

    Le contrat de délégation de service public attribué au groupe URBASER, pour une durée de quinze ans à compter du 1er janvier 2026, représente un coût global annoncé de 402 millions d'euros hors taxes pour la Métropole.

    Soit une moyenne de 26,8 millions d'euros HT par an sur la durée du contrat !

    Ce montant comprend le financement des investissements, l'exploitation et la maintenance des installations, après déduction des recettes commerciales attendues de la valorisation énergétique. Certes, le délégataire assure le financement initial des travaux. Mais cela ne signifie nullement que l'opération sera gratuite pour les finances publiques. Le dossier de concertation précise lui-même que les investissements et les coûts d'exploitation seront répercutés à la collectivité, notamment au travers du prix de traitement des déchets.

    ET POUR LES CONTRIBUABLES MONTPELLIÉRAINS ?

    Une question mérite désormais d'être posée publiquement : quelle sera l'incidence réelle de ce contrat sur les finances de la Métropole et, indirectement, sur les contribuables ?

    La collectivité affirme que la transformation d'AMETYST permettra de limiter les dépenses liées à l'enfouissement des déchets, notamment dans un contexte de hausse de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP). Elle mise également sur les recettes provenant de la vente de chaleur et de biométhane.

    Mais ces prévisions économiques reposent sur des hypothèses qu'il convient d'examiner : quantités de déchets traitées, disponibilité des installations, production énergétique effective, recettes commerciales et évolution des charges d'exploitation. Que se passera-t-il si les recettes énergétiques sont inférieures aux prévisions ? Qui supportera les conséquences financières d'éventuels surcoûts ou dysfonctionnements ?

    AURA Environnement demande que les habitants puissent disposer d'une comparaison financière transparente entre les différentes solutions de traitement des déchets, avec et sans nouvelle chaufferie CSR. Car avant d'engager une collectivité dans un contrat de plusieurs centaines de millions d'euros, une exigence s'impose : démontrer que le choix industriel retenu est aussi le plus pertinent sur les plans économique, sanitaire et environnemental.

    LE VRAI VISAGE D'AMETYST : QUAND LE TRI MENE AU FEU !

    Une transformation absurde qui doit être expliquée aux habitants, car au terme de l’examen des documents techniques, un constat s’impose : le projet AMETYST ne correspond pas à une simple modernisation de l’usine existante.

    Il prévoit une modification profonde des procédés de traitement, avec le maintien de la méthanisation, le développement du séchage des digestats, la préparation de combustibles solides de récupération et la création d’une installation de combustion.

    Cette transformation s’inscrit dans un contexte réglementaire nouveau et répond à des objectifs affichés de réduction de l’enfouissement et de production d’énergie.

    Elle comporte également des enjeux environnementaux et sanitaires qui ne peuvent être écartés au seul motif que des équipements de traitement des fumées et des odeurs sont prévus.

    L’augmentation des besoins en eau, la surveillance des émissions atmosphériques, la gestion des risques industriels et la conformité des activités de TMB constituent autant de points qui appellent des vérifications précises.

    La justification des solutions alternatives doit également permettre de comprendre pourquoi la combustion des CSR a été retenue sur le site même d’AMETYST.

    AURA Environnement ne conteste pas la nécessité de traiter les déchets produits par les habitants. Mais cette nécessité n’exonère ni la collectivité ni l’exploitant de leurs obligations en matière de protection de l’environnement et de la santé publique.

    La question centrale reste celle du changement de stratégie : pourquoi ajouter aujourd’hui une installation de combustion à une usine historiquement fondée sur le tri et la méthanisation des ordures ménagères ?

    Les habitants de Montpellier sont en droit de connaître les raisons de ce choix, les solutions qui ont été écartées et les garanties concrètes apportées pour limiter les nuisances et les risques.

    AURA Environnement poursuivra l’examen du dossier et des dispositions réglementaires applicables afin d’identifier les éventuelles insuffisances qui pourraient justifier des observations auprès des services de l’État.

    LA COLÈRE MONTE : les RIVERAINS REFUSENT de DEVENIR le LABORATOIRE d'une NOUVELLE EXPÉRIENCE INDUSTRIELLE !

    Une opposition massive dans le registre, mais surtout une colère qui s’explique.

    À la lecture des témoignages, une réalité revient avec insistance : les habitants ne veulent plus que leur quartier serve de terrain d’expérimentation à des choix industriels décidés sans eux. Plusieurs riverains rappellent les nuisances olfactives attribuées au fonctionnement historique d’AMETYST, parfois accompagnées, selon leurs déclarations, de mouches et d’une gêne durable. L’ajout d’une filière de combustion ravive donc une défiance ancienne. Avant de demander à la population de croire aux performances futures, la collectivité doit répondre aux expériences passées.

    « On nous promet une chaufferie » : les mots ne suffisent plus à convaincre

    CHAUFFERIE CSR : CHANGER LE NOM POUR FAIRE OUBLIER L'INCINÉRATION ?

    QUAND LES MOTS SERVENT À FAIRE PASSER LE FEU

    Dans les contributions, le terme « chaufferie CSR » est régulièrement dénoncé comme un habillage de communication. Les opposants rappellent que les CSR sont des déchets préparés pour être brûlés et que la combustion engendre des fumées et des résidus. Leur critique ne consiste pas à nier la différence technique entre une chaufferie CSR et une usine d’incinération d’ordures ménagères brutes : elle vise le risque de minimiser, par le vocabulaire, la réalité d’une activité thermique supplémentaire.

    Les contributions n° 229 et n° 211 insistent sur les limites des systèmes de filtration et les interrogations relatives aux substances persistantes, notamment les PFAS. Il ne faut pas transformer ces inquiétudes en preuve d’un dépassement futur des normes : les performances annoncées doivent être évaluées sur leurs propres données. Mais aucun dispositif de traitement ne saurait être présenté comme une garantie abstraite de « zéro émission ». Les opposants réclament des mesures indépendantes, des résultats publics et des garanties opposables.

    SANTÉ, ENFANTS, RIVERAINS à 80 MÈTRES DES HABITATIONS : LES HABITANTS en PREMIÈRE LIGNE !

    Les contributions évoquent les quartiers de Garosud, des Grisettes et les secteurs voisins. Des parents, des personnes fragilisées sur le plan respiratoire et des habitants vivant à proximité expriment leur inquiétude. La contribution n° 227 évoque un nouveau-né ; la n° 221 décrit la situation d’une personne particulièrement sensible aux épisodes de pollution ; la n° 203 insiste sur la présence de familles dans le voisinage. Ces paroles ne constituent pas une étude épidémiologique, mais elles rendent impossible une lecture purement industrielle du dossier.

    Plusieurs opposants demandent un suivi sanitaire indépendant, une surveillance des retombées atmosphériques et une meilleure prise en compte des expositions cumulées avec la circulation routière. Cette revendication est compréhensible : les riverains ne respirent pas les polluants source par source, selon les chapitres d’une étude d’impact. Ils vivent dans un environnement réel, où se superposent trafic, activités industrielles et nuisances existantes.

    Une décision déjà prise avant le débat ? La démocratie environnementale mise en cause

    La contestation est aussi démocratique. L’Association de défense du quartier du Domaine de Montels, dans sa contribution n° 202, retrace les échanges engagés avec les élus, notamment une rencontre du 18 avril 2024, un dialogue citoyen entre octobre 2024 et mars 2025 et une concertation volontaire en mai-juin 2026. Selon l’association, ces démarches n’auraient pas permis de débattre véritablement d’autres orientations que la filière CSR déjà privilégiée.

    D’autres contributions, notamment les n° 217 et n° 200, réclament un débat contradictoire et une comparaison indépendante des solutions. Le dossier d’étude d’impact comporte bien une présentation d’alternatives : il serait faux de prétendre qu’aucune n’a été étudiée. La critique citoyenne porte plus précisément sur la place accordée à ces alternatives dans la décision politique et sur la possibilité réelle, pour les habitants, d’infléchir le projet. Une consultation ne devrait pas se réduire à recueillir les objections une fois les choix essentiels arrêtés.

    Zéro déchet ou alimentation du four : la contradiction MISE à NU !

    Plusieurs opposants voient une contradiction entre la politique affichée de réduction des déchets et l’investissement dans une installation conçue pour consommer jusqu’à 42 525 tonnes de CSR par an. Les contributions n° 220, n° 225 et n° 186 demandent pourquoi la priorité n’est pas donnée plus fortement à la prévention, au réemploi, au tri à la source et à la tarification incitative. Leur question mérite une réponse chiffrée : que deviendra le dimensionnement de la chaufferie si les ordures ménagères résiduelles diminuent plus rapidement que prévu ?

    Il ne serait pas exact d’affirmer que la chaufferie obligera nécessairement la Métropole à produire davantage de déchets : le dossier prévoit des plafonds et des flux qui peuvent évoluer. Mais les opposants ont raison de demander que la collectivité démontre la compatibilité de cet investissement de long terme avec ses propres objectifs de réduction des tonnages. Une politique de prévention ne peut rester un slogan à côté d’un outil industriel dont l’économie dépend de flux entrants.

    En plein disette, la facture, les camions, les résidus : qui assumera réellement les coûts ?

    La contribution n° 225 met en cause la promesse politique d’une diminution de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères et demande un bilan financier intégrant l’investissement, l’exploitation, les transports et le traitement des résidus. Des avis favorables, notamment les n° 224 et n° 222, soutiennent au contraire que la valorisation locale réduirait les exportations de déchets et les coûts associés. Ce désaccord ne peut être tranché à coups de slogans : il appelle la publication d’hypothèses comparables et vérifiables.

    Les opposants rappellent aussi que la combustion ne fait pas disparaître toute matière. Des mâchefers et des résidus d’épuration des fumées devront être pris en charge. Les camions ne disparaîtront pas non plus totalement. Il faut donc établir le bilan réel des déplacements évités et de ceux qui demeureront nécessaires, sans confondre le trafic actuel, le trafic futur et les mouvements liés à la construction.

    La demande des habitants : un véritable choix public, pas un passage en force

    Des contributions réclament un moratoire ou l’abandon du projet, notamment la n° 220. D’autres demandent avant tout une expertise indépendante, un débat public réellement contradictoire, une surveillance renforcée et une politique plus ambitieuse de réduction des déchets. Il serait abusif de présenter tous les opposants comme porteurs d’une solution unique : leurs propositions sont diverses. Mais elles convergent sur un point : la population veut pouvoir discuter du besoin, de la localisation et des alternatives, et pas seulement des filtres d’une installation déjà dessinée.

    AURA Environnement estime que cette mobilisation doit être prise au sérieux. Les contributions citoyennes ne remplacent ni l’étude d’impact ni l’instruction préfectorale. Elles mettent toutefois en lumière des préoccupations concrètes que la décision publique devra traiter : la confiance rompue par les nuisances anciennes, la protection des riverains, le coût à long terme et la cohérence d’une stratégie qui prétend réduire les déchets tout en ajoutant une capacité de combustion.

    MONTPELLIER N'EST PAS UNE CHAUDIÈRE, LES HABITANTS NE SONT PAS DES COBAYES !

    On ne répondra pas à la colère des Montpelliérains par un changement de vocabulaire. Appeler « valorisation énergétique » la combustion de déchets ne dispense pas de rendre compte des fumées, des résidus, de l’eau consommée, des risques industriels et des choix écartés. Présenter une étude sanitaire rassurante ne dispense pas d’expliquer ses limites. Annoncer des économies ne dispense pas d’en publier les calculs.

    La question est politique autant qu’environnementale : qui décide, qui bénéficie du projet et qui en supporte les nuisances éventuelles ? Les habitants demandent qu’on cesse de leur présenter la transformation d’AMETYST comme une fatalité technique. Une autre politique des déchets doit pouvoir être discutée publiquement, chiffres et documents sur la table.

    Pour AURA Environnement, une exigence s’impose : avant toute décision, les autorités doivent apporter des réponses précises aux objections formulées, démontrer la conformité du TMB, justifier la combustion sur place face aux solutions alternatives et prévoir une surveillance environnementale indépendante, accessible au public. La transition écologique ne peut se construire contre les populations concernées. Elle doit se faire avec elles, dans la transparence et avec le droit de contester.

    Source de cette synthèse : « CONTRIBUTIONS CP AMETYST MONTPELLER », contributions numérotées 1 à 229, arrêtées au 25 octobre 2026. Les avis et témoignages cités sont attribués à leurs auteurs ; ils ne valent pas constat technique ou sanitaire indépendant. Le texte initial de l’article AURA Environnement a été conservé sans modification.

    Marc-Claude de PORTEBANE

    Président d’AURA ENVIRONNEMENT

    Porte-parole du FRAI (Front Résistant Anti-Incinération)

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